| A peine intronisé, Obama reprend son bâton de pélerin |
| PITTSBURGH (Etats-Unis), (AFP) - Le candidat démocrate à la présidentielle américaine, Barack Obama, s'apprêtait à passer sans transition dès vendredi d'un stade géant plein à craquer à des réunions plus intimes dans des Etats industriels en déclin, reprenant sa campagne de terrain pour tenter de séduire les "cols bleus". |
M. Obama a été au centre de toutes les attentions jeudi en prononçant son discours d'acceptation devant quelque 85.000 personnes réunies à Denver au dernier jour de la convention démocrate.
Mais vendredi, les regards se tournaient vers son adversaire républicain John McCain, qui a créé la surprise en choisissant comme colistière une jeune femme peu connue du grand public, la gouverneure d'Alaska Sarah Palin. Et le rideau à peine retombé sur la convention démocrate, c'était au tour des républicains, dont la convention s'ouvre lundi à St-Paul (Minnesota, nord) d'occuper le terrain médiatique.
M. Obama, reprenant son bâton de pélerin, a décidé de partir en campagne dans plusieurs Etats qui pourraient faire basculer la présidentielle du 4 novembre, à commencer par la Pennsylvanie (est) vendredi, avant l'Ohio (nord) ce week-end.
Il voyagera en bus en compagnie de son colistier, Joe Biden, et de leurs épouses respectives, Michelle Obama et Jill Biden, pour aller à la rencontre des électeurs et répondre notamment à leurs questions sur l'économie, selon l'équipe de campagne du candidat démocrate.
La Pennsylvanie, où M. Obama ne restera qu'une demi-journée dans la région de Pittsburgh, tout comme l'Ohio et le Michigan (nord), où cette mini-tournée conjointe doit s'achever lundi, sont des Etats de la "rust belt", (la "ceinture de la rouille"), durement touchés par les restructurations industrielles et la concurrence des pays asiatiques.
L'économie reste le premier sujet de préoccupation des Américains et les interrogations concernant la croissance et l'inflation sont plus fortes que jamais dans le sillage de la crise financière et de la hausse des prix pétroliers. M. Obama, généralement crédité d'une meilleure capacité à résoudre les problèmes économiques que M. McCain, devra cependant convaincre des "cols bleus" qui lui ont préféré sa rivale Hillary Clinton au cours des primaires démocrates.
M. Obama avait largement labouré le terrain en Pennsylvanie avant la primaire du 20 avril, s'essayant même maladroitement au bowling, mais sans succès. Ses propos en mars sur l'amertume des classes populaires lui avaient valu une volée de bois vert. Il avait alors estimé que les classes populaires, désespérant d'un quelconque secours économique de Washington, avaient tendance à s'accrocher "aux armes, à la religion, à un sentiment anti-immigration ou anti-commerce pour exprimer leur frustration".
Le soutien de M. Biden pourrait lui être particulièrement précieux en Pennsylvanie, Etat dont il est originaire et où il reste populaire. M. Biden, sénateur du Delaware (est), que le camp de M. Obama a surnommé le "troisième sénateur de Pennsylvanie", a des racines ouvrières et est né à Scranton, dans le nord-est de l'Etat, ancienne ville minière et centre métallurgique.
M. Obama devrait aussi décliner les thèmes de son discours de jeudi soir, dans lequel il a accusé John McCain de ne pas connaître la vie des Américains et promis notamment de "réduire les impôts pour 95% des foyers de gens qui travaillent".
Selon une moyenne de sondages publiés par le site indépendant RealClearPolitics, les écarts sont faibles dans les intentions de vote entre Barack Obama et John McCain dans le Michigan (46% pour Obama, 41,7% pour McCain), la Pennsylvanie (47,4% pour Obama, 44,5% pour McCain) et l'Ohio (44,5% pour McCain, 43,3% pour Obama).
|
| Publié le: 29/08/2008 à 17:53:16 GMT |
Source : AFP |
|
|