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En patrouille, avec les renforts français dans l'est de l'Afghanistan
Des soldats français dans la province de la Kapisa à l'est de l'Afghanistan, le 21 août 2008. (© AFP - Herve Asquin)
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BASE AVANCEE MORALES-FRAZIER (Afghanistan) (AFP) - La colonne s'ébroue lentement aux petites heures du jour jeudi, sur la base avancée Morales-Frazier et met cap au nord, aux confins de la Kapisa, zone d'opérations des renforts français nouvellement déployés dans l'est de l'Afghanistan.
A la limite de ce secteur, l'armée française a perdu 10 hommes en début de semaine aux mains des talibans, dans l'assaut au sol le plus meurtrier ayant jamais visé les forces internationales en Afghanistan.

Ce jeudi, quatre pick-up, des véhicules tout-terrain à plates-formes, ouvrent la route. A bord, une trentaine de soldats de l'Armée nationale afghane (ANA) portent pakol (coiffe traditionnelle), Kalachnikov et lances-roquettes, dans la plus pure tradition guerrière locale.

Leurs instructeurs américains, des Marines, et quinze blindés français suivent, soit plus d'une centaine de soldats. Le soutien aérien est assuré par deux F15 américains.

Invisibles, les avions de chasse sont pourtant bien là, comme en témoigne le grondement incessant de leurs réacteurs.

Dans l'est de l'Afghanistan, le risque est omniprésent. "On en est à quinze accrochages sérieux depuis l'arrivée des renforts fin juin, un tous les deux jours en moyenne et on déplore deux blessés par balles", explique le colonel Jacques Aragonès, "patron" des quelque 700 hommes déployés en renfort et portant à 3.000 le nombre de soldats français dans le pays.

La patrouille s'enfonce dans la coulée verte de la vallée de Nijrab, coincée entre deux murailles de montagnes pierreuses. Une heure et demie de piste plus tard, le convoi, passablement secoué dans les ornières, atteint sans encombre un village isolé, Shachmé Jochane.

Peuplée de Tadjiks, partisans de l'Alliance du Nord de feu le commandant Massoud, dont les portraits fleurissent encore sur les pare-brises, la vallée a la réputation d'être hostile aux talibans et favorable à la coalition.

Réputation confirmée à l'arrivée des troupes françaises qui se déploient rapidement sur les crêtes pour parer toute attaque talibane. Les officiers sont conviés par le directeur de l'école des filles à une "choura" improvisée, assemblée des notables locaux.

"Nous n'avons pas de crayons, pas de cahiers, nous avons 1.200 élèves et pas d'eau", déplore Abdulle Subhane, "notre objectif est de maintenir toutes les classes et de faire en sorte que toutes les jeunes filles aillent à l'école".

Les Français ne promettent rien, sinon de dépêcher une équipe "civilo-militaire" pour voir ce qui peut être fait.

En revanche, ils n'atteindront jamais la "clinique" locale, que les habitants situent, selon les cas, à 700 mètres, quatre ou dix kilomètres du village. Dommage pour le médecin militaire qui accompagne le convoi et devra se contenter de prodiguer quelques soins sommaires à des habitants dépourvus de tout.

Quand la patrouille repart, les deux F15 surgissent brusquement au raz du sol dans un grondement infernal. Cette démonstration de force est destinée à impressionner quelques observateurs suspects repérés dans les montagnes.

Le convoi reprend finalement la route de la base. Il y arrivera à temps pour que les soldats français suivent la retransmission en direct des obsèques de leurs 10 frères d'armes, tués lundi dans une embuscade non loin de là.

Publié le: 21/08/2008 à 16:48:35 GMT Source : AFP
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