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L'Otan se sent obligée de justifier son engagement en Afghanistan
Un soldat canadien de l'Otan contrôle des passants afghans le 28 mars 2008 à Panjwayi (centre-ouest du pays) (© AFP - Shah Marai)
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BRUXELLES (AFP) - Les dirigeants de l'Otan réunis du 2 au 4 avril à Bucarest se sentent obligés de justifier le maintien de leurs troupes en Afghanistan et de mettre une sourdine à leurs divergences sur les renforts militaires indispensables face à la combativité des talibans.
Les 26 alliés doivent adopter une "déclaration" édictant les objectifs de l'Otan pour les cinq prochaines années dans ce pays, alors qu'une trentaine de soldats de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) sont déjà morts en 2008.

Selon un diplomate, cette déclaration n'est pas qu'un document convenu de plus mais "réaffirmera l'engagement" à moyen terme de tous les alliés, rappelant pourquoi ils sont présents en Afghanistan, sous mandat de l'ONU.

L'Otan tient à "communiquer" là-dessus, explique ce diplomate, face aux doutes de l'opinion publique sur l'intérêt de se battre des années durant en Asie centrale contre un adversaire insaisissable sur fond de trafic de drogue record et de corruption.

L'Isaf commandée par l'Otan depuis 2003 est aujourd'hui forte de 47.000 hommes de 39 pays, et devrait rapidement passer à 50.000, grâce aux renforts promis par 11 pays. Les chefs militaires les jugent cependant encore insuffisants devant l'insécurité que font régner les talibans par leurs coups de main et leurs attentats, même s'ils ne sont pas en mesure de remporter des victoires significatives.

Les dirigeants alliés devraient souligner selon ce diplomate l'importance d'"une coordination améliorée entre l'ONU, l'Union européenne et l'Otan", démontrant sous le nom d'"approche globale" un soutien unanime international à la reconstruction de l'Afghanistan, .

Une priorité illustrée par la réunion spéciale sur l'Afghanistan qu'auront, en marge du sommet, les dirigeants alliés avec ceux des 13 pays non membres de l'Otan contribuant à l'Isaf plus le Japon, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et son nouveau représentant à Kaboul, Kai Eide.

La déclaration soulignera aussi "la nécessité de placer progressivement les Afghans aux commandes", sous-entendant une stratégie de sortie.

Du pain bénit pour le président Hamid Karzaï et le ministre de la Défense Abdul Rahim Wardak, qui vont demander à Bucarest une aide accrue à l'armée afghane.

Celle-ci compte 70.000 soldats et devrait être portée à 80.000 hommes dans les mois à venir.

Enfin, les responsables alliés souligneront l'importance de "la coopération avec le voisinage", au premier rang duquel le Pakistan. Paradoxe noté par beaucoup, ce pays, qui sert de base arrière aux talibans, ne sera pas représenté à Bucarest.

Début mars, le président français Nicolas Sarkozy avait écrit à ses homologues pour leur proposer ces quatre points à titre de contribution. Les alliés ont donné leur assentiment.

Les détails du "plan stratégique politico-militaire" qui mettra en application ces principes ne devraient en revanche pas être rendus publics.

La volonté de l'Otan d'afficher son unité dans une conjoncture difficile devrait reléguer au second plan les zizanies des derniers mois autour du refus de l'Allemagne et l'Italie, chargées du Nord et de l'Ouest afghans, d'envoyer des troupes dans le Sud et l'Est, plus exposés.

Le président américain George W. Bush affirme d'ailleurs dans un entretien à la presse allemande à paraître lundi qu'il n'exigera plus de l'Allemagne qu'elle expédie des soldats dans le Sud.

D'autant que la France soulagera la pression en confirmant son intention d'envoyer au moins un millier d'hommes en renfort, sans doute dans l'est. Ce qui permettrait à des soldats américains d'être transférés dans la province méridionale de Kandahar, où le Canada réclame un soutien sous peine de retirer son contingent dès 2009.

Publié le: 01/04/2008 à 11:43:19 GMT Source : AFP
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