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Ossétie du Sud: derrière les canons, la propagande
Capture d'écran de la chaîne NTV montrant des tirs ossètes contre Tskhinvali, le 10 août 2008 (© AFP/NTV - Ntv)
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MOSCOU (AFP) - Images chocs, déclarations enflammées, informations non vérifiables: la guerre de propagande fait rage entre la Russie et la Géorgie, à l'arrière-plan du conflit armé.
C'est Moscou qui est le plus souvent accusé d'agir sans scrupules dans ce "duel par médias interposés", selon l'expression du quotidien russe Vedomosti.

"Je ne peux plus regarder les chaînes de télévision russes. Cela me donne la nausée", écrit le journaliste russe Anton Orekh dans un article publié lundi par le quotidien en ligne Ejednevny Journal.

Femmes en pleurs, des enfants dans les bras, vieillards en état de choc, immeubles en ruines: les images fracassantes en provenance d'Ossétie du sud, république séparatiste de Géorgie soutenue par Moscou, se succèdent à la télévision russe, sur fond de musique grave.

Celles des victimes des bombardements russes en Géorgie y sont quasiment introuvables. L'inverse est tout aussi vrai à la télévision géorgienne pour les victimes ossètes.

Le nombre des civils tués en Ossétie du Sud depuis le début de l'offensive géorgienne est l'objet de toutes les surenchères. Samedi, des responsables russes faisaient état de 2.000 morts, un "mensonge flagrant", selon Tbilissi.

Quelques heures plus tard, le Premier ministre Vladimir Poutine créait la surprise en parlant "de dizaines de morts" et de "centaines de blessés". Ces propos ont été ensuite ignorés dans les journaux télévisés qui ont continué à parler de 2.000 morts.

De leur côté, les Russes reprochent aux médias occidentaux de soutenir Tbilissi. "Ils préfèrent voir l'agresseur en Russie plutôt qu'en Géorgie", dont l'offensive contre l'Ossétie du Sud a précédé l'intervention russe, écrivait lundi le quotidien russe RBC Daily.

Si le Kremlin accuse le président géorgien Mikheïl Saakachvili de perpétrer un "génocide" contre les Ossètes, Tbilissi paie les Russes en retour, en comparant leurs opérations à celles de l'URSS à Prague en 1968 et à l'invasion soviétique de l'Afghanistan en 1979.

"Si la Géorgie tombe, cela signifiera également la chute de l'Occident dans l'ensemble de l'ancienne Union soviétique et au-delà", a lancé M. Saakachvili dans une tribune publiée dans le Wall Street Journal Europe.

Dénonçant la "propagande menée (par Moscou) dans les meilleures traditions soviétiques", la Géorgie n'a pas hésité samedi à interdire la retransmission des télévisions russes sur son territoire, alors que des internautes géorgiens rapportaient des problèmes d'accès aux sites avec le domaine russe .ru.

Pour certains, Saakachvili, qui fait une partie de ses déclarations télévisées en anglais, avec un drapeau de l'Union européenne en toile de fond, tente de se servir des médias occidentaux pour présenter son pays comme une victime innocente de l'agression russe.

"Les dirigeants russes ne savent pas exposer leur point de vue à la communauté internationale", ils n'utilisent pas le relais des journalistes étrangers, note l'analyste indépendant russe Alexandre Golts, dans le Ejednevny Journal.

Même son de cloche chez Vedomosti : "Les autorités russes ont laissé leurs adversaires triompher dans un Blitzkrieg médiatique".

Un groupe de spécialistes occidentaux de communication aide la présidence géorgienne à faire passer son message, en bombardant les reporters d'un flot de communiqués en anglais.

Lundi, une conférence téléphonique avec M. Saakachvili a été "interrompue en raison d'un survol d'avions de chasse russes là où il se trouvait", a annoncé l'agence belge Aspect.

La présidence géorgienne a d'abord assuré que la situation était absolument calme, avant d'annoncer que M Saakachvili avait dû descendre brièvement dans une cave, des avions de combats russes survolant sa résidence.

Publié le: 11/08/2008 à 19:26:32 GMT Source : AFP
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