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Dossiers » Nucléaire: l'Iran défie le monde Dossiers » Nucléaire: l'Iran défie le monde
Les Occidentaux tentent de présenter un front uni face à l'Iran
Le secrétaire général de l'Otan, Jaap de Hoop Scheffer, et le ministre des Affaires étrangères français Philippe Douste-Blazy le 27 avril 2006 à Sofia (© AFP - Dimitar Dilkoff)
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SOFIA (AFP) - Les ministres des Affaires étrangères de l'Otan se sont efforcés de présenter un front uni face à l'intransigeance iranienne sur son programme nucléaire, en accueillant vendredi à Sofia leur homologue russe Sergueï Lavrov peu avant la publication d'un rapport crucial de l'AIEA.
Réunis dans la capitale bulgare, les chefs de la diplomatie de l'Otan ont pu se concerter jeudi soir sur le dossier iranien où sans entrer dans le détails de ce que pourraient être les prochains pas, ils ont affiché "un assez large consensus sur la démarche", selon une source diplomatique.

"Il est clair pour tout le monde que la solution ne peut être atteinte que par la diplomatie", a déclaré vendredi le ministre allemand Franz-Walter Steinmeier. M. Steinmeier a insisté sur la nécessité pour la communauté internationale de présenter un front "uni" face à l'Iran, en reconnaissant la nécessité de "poursuivre et renforcer les efforts" en ce sens. "Tous les pays membres de l'Otan sont d'accord pour dire que c'est la seule façon pour que l'Iran comprenne clairement les conséquences de son isolement", a-t-il ajouté.

Le dîner à huis-clos a rassemblé 32 ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne et de l'Otan, ainsi que le Haut représentant pour la politique extérieure de l'UE Javier Solana et le secrétaire général de l'Alliance Atlantique, Jaap de Hoop Scheffer.

La délégation américaine, intéressée au premier chef par une réponse vigoureuse au défi iranien, a observé une discrétion inhabituelle sur le contenu des discussions. "Je pense que l'ambiance générale dans la pièce était à l'engagement", a indiqué sous le couvert de l'anonymat un membre de la délégation américaine, refusant de préciser à quoi les participants s'étaient engagés. D'autres sources diplomatiques ont cependant indiqué vendredi que Mme Rice avait réaffirmé l'engagement américain à poursuivre la voie diplomatique.

Publiquement, Washington et Paris, deux membres permanents du Conseil de Sécurité de l'Onu, ont appelé le Conseil à agir rapidement et avec fermeté face au refus de l'Iran de se plier à ses exigences sur son programme nucléaire.

"Les Etats-Unis sont de l'avis que pour être crédible le Conseil de sécurité doit évidemment agir", a déclaré Mme Rice, soulignant que le Conseil "ne peut pas voir sa parole et sa volonté tout simplement ignorées par un Etat membre". "Face à l'attitude de Téhéran et à l'accélération de ses programmes (nucléaires), nous devons envoyer un signal rapide et ferme du Conseil de sécurité", a noté pour sa part son homologue français Philippe Douste-Blazy.

Ni l'un ni l'autre n'a prononcé le mot de "sanctions" mais Mme Rice a appelé récemment à adopter une résolution selon le Chapitre VII de la Charte de l'Onu, qui ouvre la voie à des sanctions diplomatiques, économiques, voire une opération militaire. Et selon un diplomate français, Paris souhaite également que la résolution de l'Onu sur l'Iran soit placée sous le chapitre VII de la Charte, afin de montrer à Téhéran qu'il a franchi "la ligne rouge" dans le dossier nucléaire.

Mais la Russie et la Chine, également membres permanents du Conseil avec droit de veto, s'opposent à l'adoption de sanctions contre l'Iran, accusé par Washington de vouloir se doter d'armes nucléaires sous couvert de son programme nucléaire civil.

Le directeur général de l'AIEA, Mohamed ElBaradei, devait remettre vendredi au Conseil de sécurité et à l'exécutif de l'AIEA un rapport indiquant que Téhéran n'a pas obtempéré aux injonctions de l'Onu, lançant ainsi un compte à rebours avant d'éventuelles sanctions. Signe que le Conseil de sécurité est encore loin d'un consensus sur la réponse à apporter au défi iranien, aucune rencontre n'a été organisée à Sofia entre Mme Rice et Sergueï Lavrov.

M. Lavrov était présent dans la capitale bulgare pour un Conseil Otan-Russie, qui a débuté peu après 09H45 GMT, mais en l'absence de nombre de ministres dont Condoleezza Rice et Philippe Douste-Blazy, déjà partis.

Publié le: 28/04/2006 à 11:29:45 GMT Source : AFP
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