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Obama, une "chance de renouveau" pour les relations russo-américaines
L'édition russe du livre de Barack Obama "L'audace de l'espoir" en vente dans une librairie de Moscou, le 22 octobre 2008 (© AFP/Archives - Natalia Kolesnikova)
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MOSCOU (AFP) - L'élection du démocrate Barack Obama à la Maison Blanche offre une "chance de renouveau" pour les relations russo-américaines, qui avaient retrouvé des airs de guerre froide sous la présidence de George W. Bush, estiment des experts russes.
"Cela montre que les Etats-Unis sont capables d'un renouveau qui va faire aussi du bien aux relations russo-américaines", confie à l'AFP Fiodor Loukianov, rédacteur en chef du bimensuel La Russie dans la politique mondiale.

"Nous allons pouvoir faire semblant de repartir à zéro", ajoute l'analyste, qui prédit aussi "une détente globale dans le monde".

Les relations entre Moscou et Washington, qui s'étaient rapprochés après les attentats du 11 septembre, ont tourné au vinaigre avec l'extension de l'Otan vers les frontières de la Russie, le projet de bouclier antimissile américain en Europe et pour finir la guerre en Géorgie en août.

Le politologue Sergueï Markov espère pour sa part que M. Obama va tenir ses promesses en renonçant à la "politique catastrophique" de son prédécesseur républicain.

"Nous sommes contents qu'il renonce à l'unilatéralité, qu'il ne veuille pas bombarder l'Iran et qu'il veuille empêcher la course aux armements dans la région", se réjouit M. Markov, également député du parti Russie Unie du Premier ministre Vladimir Poutine.

Au cours de la campagne électorale, M. Obama s'est montré plus mesuré vis-à-vis de la Russie que son rival malheureux, le républicain John McCain, souvent très virulent.

Ce dernier reproche aux dirigeants russes de vouloir "restaurer le vieil empire russe" et a réclamé à plusieurs reprises l'exclusion de la Russie du G8, le club des pays les plus puissants de la planète.

Toutefois, observe M. Loukianov, "personne se sait quelle va être la politique menée par M. Obama", dans la mesure où il n'a dit jusqu'ici "que des généralités".

"Il sait plaire aux gens, mais cela ne suffit pas", renchérit M. Markov.

Le président élu va être "inévitablement obligé de mener une politique plus réaliste" que celle de M. Bush, juge M. Loukianov, observant que des "progrès" sont possibles sur la question du bouclier antimissile, auquel Moscou s'oppose avec véhémence.

M. Markov voit lui d'un mauvais oeil le soutien de M. Obama au projet d'adhésion de deux ex-républiques soviétiques, la Géorgie et l'Ukraine, à l'Otan, la Russie détestant l'idée de se retrouver "encerclée" par l'Alliance atlantique, qui reste perçue comme l'ennemi numéro un dans la conscience collective du pays.

Un avis partagé par M. Loukianov pour lequel l'élargissement de l'Otan se poursuivra, M. Obama ayant "la même vision que M. Bush" sur ce sujet.

D'une manière plus générale, ajoute-t-il toutefois, la "politique agressive de +la guerre pour la démocratie+" des années Bush a fait disparaître "l'illusion" selon laquelle les démocrates s'occupaient trop des droits de l'homme et les républicains se montraient plus pragmatiques, notamment vis-à-vis de Moscou.

Pour le directeur de l'Institut des évaluations politiques, Alexandre Konovalov, peu importe que la victoire soit revenue à M. Obama, les circonstances étant "plus importantes que les candidats".

Le président élu se retrouve avec des relations russo-américaines "dégradées", une situation "non résolue" en Irak et en Afghanistan, et le "problème" nord-coréen, détaille M. Konovalov.

En outre, la crise économique et financière mondiale "ne fait que commencer", dit-il.

"L'Amérique a tant de problèmes en ce moment que n'importe quel président serait poussé vers la coopération avec les autres pays", estime l'analyste.

Publié le: 05/11/2008 à 05:27:11 GMT Source : AFP
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