| Nicolas Sarkozy veut relancer l'UE et tourner la page du référendum de 2005 |
| PARIS (AFP) - L'arrivée au pouvoir en France de Nicolas Sarkozy pourrait permettre de relancer le chantier européen et de tourner la page du rejet de la Constitution, mais aussi d'ouvrir une période plus apaisée avec les Etats-Unis, malgré des divergences, relèvent des experts en Europe. |
"La France est de retour en Europe", a lancé dimanche Nicolas Sarkozy, le soir même de son élection.
Le nouveau président français a déjà indiqué qu'il considérait le chantier européen comme prioritaire. Et il compte plaider rapidement auprès des 27 de l'Union en faveur d'un nouveau "traité simplifié" européen, prenant acte de l'échec du projet constitutionnel après son rejet par référendum par les Français et par les Néerlandais.
"Trop longtemps, la France s'est tue après son 'non' référendaire du 29 mai 2005... La chancelière allemande (Angela Merkel) va pouvoir accélérer des consultations, largement engagées, en vue d'une relance que chacun attend et qui pourrait venir très vite", se félicite Jean-Dominique Giuliani, de la Fondation Robert Schuman.
La France n'avait pas ces dernières années toute la place qui lui revenait en Europe car le président Jacques Chirac était "faible" sur le plan politique, estime Charles Grant, du Centre pour la réforme européenne, à Londres.
"Le fait que (Nicolas) Sarkozy soit très dynamique et plein d'allant, qu'il ait des tas d'idées sur de multiples sujets fera, je pense, que nous aurons une France plus active", ajoute ce spécialiste.
"Il y a toujours une prime au nouvel arrivé, et ce d'autant plus s'il apporte des propositions", commente une source diplomatique européenne.
Chacun à Bruxelles souhaite désormais, l'élection présidentielle française passée, "une action pour relancer" le chantier du traité européen et "pour tourner la page sur l'échec" des référendums de 2005, ajoute cette source.
Yves Mény, président de l'Institut universitaire européen, à Florence (Italie), prévoit toutefois, à très brève échéance, un "sérieux conflit d'intérêt" avec les Etats-Unis au sujet de la candidature de la Turquie à l'UE. Nicolas Sarkozy est ouvertement hostile à une adhésion d'Ankara à l'Union, alors que les Etats-Unis ont activement plaidé la cause turque auprès des Européens.
"Cette position (de Sarkozy) a un énorme avantage: elle permet d'une part de rallier les positions molles et un peu cachées d'un certain nombre d'Etats européens qui n'étaient pas très favorables à la candidature de la Turquie mais qui n'osaient pas trop le dire... Il n'y avait guère que la France et l'Autriche qui osaient sortir du bois. Maintenant les positions sont claires", poursuit l'universitaire.
Parfois surnommé "Sarkozy l'Américain", le nouveau président français, même s'il a qualifié la guerre américaine en Irak "d'erreur historique", bénéficie d'un a priori favorable aux Etats-Unis. Le président George W. Bush l'a appelé immédiatement après sa victoire et il est perçu par la presse comme un "ami".
Mais des divergences existent. Nicolas Sarkozy a rappelé dès dimanche les Etats-Unis à leurs obligations en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Washington n'a pas signé le protocole de Kyoto.
Autre point possible de friction avec Washington, le dossier du commerce international, "où M. Sarkozy sera plus protectionniste que ne le sont les Etats-Unis", prévoit M. Mény.
En direction de l'Afrique, où il compte se rendre très bientôt, Nicolas Sarkozy devra "compenser son message dur sur l'immigration avec une aide au développement", estime Pascal Boniface, de l'Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS).
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| Publié le: 07/05/2007 à 14:42:03 GMT |
Source : AFP |
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