| Nancy Pelosi, bête noire des républicains devenue leur interlocutrice forcée |
| SAN FRANCISCO (AFP) - Bête noire des républicains, la femme à poigne Nancy Pelosi va devenir l'interlocutrice obligée de l'administration du président George W. Bush après la victoire des démocrates mardi soir à la chambre basse du Congrès. |
Elue de Californie (ouest), cette femme de 66 ans, jusqu'ici dirigeante de la minorité démocrate à la chambre des représentants, devrait désormais occuper la troisième place dans l'ordre protocolaire aux Etats-Unis, derrière le président George W. Bush et son vice-président Dick Cheney.
La perspective de voir cette élue de San Francisco régner sur la chambre hérissait les républicains depuis des semaines, tant ses convictions sont à l'opposé des leurs, notamment sur les questions de société et de politique étrangère.
Mardi soir, alors que la victoire démocrate était encore toute fraîche, Mme Pelosi a directement évoqué un sujet brûlant, réclamant au nom de la nouvelle majorité "un changement de direction sur l'Irak".
"Nous ne pouvons pas continuer dans cette direction qui s'est révélée catastrophique. Et donc, nous disons au président: M. le Président, il nous faut une nouvelle politique sur l'Irak. Travaillons ensemble pour trouver une solution. La campagne électorale est terminée. Les démocrates sont prêts à prendre le commandement".
L'élue californienne est l'une des rares à avoir voté en 2002 contre l'usage de la force en Irak et a toujours dit que les démocrates, s'ils remportaient la majorité, chercheraient à obtenir un retrait graduel des troupes américaines de ce pays d'ici à la fin de l'année 2007.
Le représentant républicain Roy Blunt avait récemment résumé l'état d'esprit des adversaires de Mme Pelosi à l'idée de la voir prendre la tête de la chambre: "ça fait très peur".
Mère de cinq enfants, mariée à un homme d'affaires millionnaire, Mme Pelosi siège au Congrès depuis 1987, titulaire du siège du 8e district de San Francisco, l'une des circonscriptions sociologiquement acquises d'office aux démocrates et qui n'a jamais manqué de la réélire.
Au début de sa carrière, elle s'était distinguée en prenant position contre la Chine à la suite du massacre de la place Tiananmen. Depuis, elle a toujours critiqué le régime de Pékin et pris avec constance la défense des étudiants chinois.
Devenue chef de la minorité démocrate de la chambre des représentants en 2002, Mme Pelosi a acquis l'admiration de ses collègues par ses capacités à lever des fonds et à unir les démocrates contre leurs concurrents.
Son plus grand défi a été de tenter de construire un consensus sur la question de l'Irak, tâche presque impossible si l'on en juge par les profondes divisions dans le camp démocrate, dont les élus répugnent à passer pour faibles lorsqu'il s'agit de sécurité nationale.
Elle a toutefois refusé d'envisager une procédure de destitution de M. Bush, évoquée par certains démocrates qui ont toujours en tête celle lancée contre Bill Clinton par les républicains lors du scandale Lewinsky.
"La destitution n'est pas au programme", a-t-elle déclaré lors d'un récent entretien, décrivant cette éventualité comme "une perte de temps".
Mme Pelosi a en revanche affirmé qu'une majorité démocrate concentrerait ses efforts sur plusieurs points de politique intérieure, comme l'augmentation du salaire minimum et des incitations fiscales pour l'éducation.
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| Publié le: 08/11/2006 à 07:08:23 GMT |
Source : AFP |
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