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Mugabe pourrait profiter des divisions de ses rivaux
Des partisans de Simba Makoni devant un portrait du président Robert Mugabe, le 26 mars 2008 à Harare (© AFP/Archives - Alexander Joe)
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HARARE (AFP) - Le président Robert Mugabe, qui brigue samedi un sixième mandat à la tête du Zimbabwe face au chef de l'opposition et à un ancien ministre dissident, a toujours profité des divisions du camp adverse pour se maintenir au pouvoir.
"La principale faiblesse de l'opposition est son incapacité à unir ses forces pour dire d'une seule voix à Mugabe +ça suffit+", estime Bill Saidi, commentateur politique basé à Harare.

"Mugabe s'est maintenu au pouvoir grâce à cette faiblesse. A moins que nous acceptions tous de dire que le régime de Mugabe est un échec total, il pourrait rebondir une nouvelle fois."

Samedi, le plus vieux président d'Afrique affronte deux candidats de poids: Morgan Tsvangirai, chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), et Simba Makoni, son ancien ministre des Finances qui se présente en indépendant.

Mugabe, 84 ans, au pouvoir depuis l'indépendance de l'ancienne Rhodésie britannique en 1980, aborde l'élection avec un bilan économique catastrophique, mais pourrait profiter d'une dispersion des voix des mécontents.

"S'il n'y avait qu'un opposant, il aurait beaucoup plus de chance de battre Mugabe. A deux, les chances sont moindres", confirme Steven Gruzd, chercheur à l'Institut sud-africain des affaires internationales (SAIIA).

Le MDC, fondé en 1999, représentait initialement une menace sérieuse pour le régime. Après avoir mené la campagne victorieuse pour le non à un référendum destiné à accroître les pouvoirs du chef de l'Etat, ce parti a effectué en 2000 une entrée en force au Parlement.

A la présidentielle de 2002, Tsvangirai a été battu par Mugabe, mais il a toujours assuré que le scrutin avait été truqué.

Cependant, son style autoritaire lui a valu des ennemis et le parti s'est scindé en deux en 2005 au moment des élections sénatoriales, que Tsvangirai voulait boycotter. La moitié des parlementaires MDC ont rallié une faction qui s'est ensuite choisi Arthur Mutambara comme chef.

Les deux courants ont temporairement enterré la hache de guerre l'an dernier, après que les deux leaders eurent été passés à tabac par les forces de sécurité. Mais ils n'ont pas réussi à se mettre d'accord pour affronter ensemble les élections générales de ce week-end.

"Nos chances de gagner sont moins grandes que si nous travaillions ensemble", a admis Mutambara avant de se rallier à la candidature de Makoni.

L'ancienne parlementaire Margaret Dongo, qui a aussi rejoint le camp Makoni, a expliqué que Tsvangirai avait été contacté pour discuter d'une candidature commune.

"Nous voulions que les partis d'opposition se réunissent pour que l'élection présidentielle se résume au président Mugabe contre Simba Makoni, mais Tsvangirai a refusé", a-t-elle ajouté.

Le fondateur du MDC, qui incarne l'opposition à Mugabe depuis une décennie et a été plusieurs fois arrêté ou molesté, n'est pas enclin à se retirer en faveur d'un des anciens lieutenants du président, qu'il a qualifié de "vieux vin dans une bouteille neuve".

D'autant qu'il bénéficie de la structure du MDC, alors que Makoni ne compte que sur des ralliements de personnalités, souligne le trésorier du MDC, Roy Bennett qui vit en exil à Johannesburg.

"Les divisions sont malheureuses, mais je ne pense pas que cela fasse de réelle différence ou donne à Mugabe plus de munitions pour rester au pouvoir", a-t-il dit à l'AFP.

Eldred Masunungure, analyste politique à l'Université du Zimbabwe, souligne pour sa part que l'Union nationale africaine du Zimbabwe - Front patriotique (Zanu-PF, au pouvoir) souffre également de dissensions, comme en atteste la candidature de Makoni.

"Mugabe affronte d'importantes divisions internes et cela devrait réduire ses chances", assure-t-il. "Jamais dans l'histoire du Zimbabwe indépendant, la Zanu-PF n'a abordé une élection de manière aussi divisée."

Publié le: 28/03/2008 à 17:05:38 GMT Source : AFP
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