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Mugabe brocarde ses détracteurs lors de son dernier meeting
Des partisans de Mugabe assistent à son dernier meeting de campagne, le 28 mars 2008 à Harare (© AFP - Alexander Joe)
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EPWORTH (AFP) - Ceint du drapeau zimbabwéen et portant un masque de son héros, Tendai Kamundiya rayonne en voyant le président Robert Mugabe taper dans trois ballons de foot qu'il envoie à ses partisans.
"Oui, je vais voter pour le mudhara (le vieux, en langue shona)", lance cet adepte du président Mugabe, qui a tenu son dernier meeting dans la banlieue de Harare à la veille des élections générales de samedi.

"Nous ne rendrons pas ce pays aux blancs. Ils ne le dirigeront que lorsque notre chef sera mort", ajoute Tendai Kamundiya.

Au cours de sa campagne, M. Mugabe, 84 ans, qui dirige l'ex-Rhodésie depuis l'indépendance en 1980, a montré qu'il n'avait rien perdu de son énergie ni de son appétit du pouvoir.

Les critiques lui attribuant le marasme économique de son pays ne font qu'enflammer davantage le doyen des chefs d'Etat africains, qui en rejette la responsabilité sur l'ancienne puissance coloniale britannique, déclenchant les applaudissements de ses partisans.

Ancien grenier à céréales de l'Afrique australe et longtemps considéré comme un modèle de développement, le Zimbabwe s'enfonce depuis huit ans dans la récession, avec une hyperinflation dépassant aujourd'hui les 100.000%, un taux de chômage de plus de 80% et des pénuries de produits de première nécessité.

Son dernier meeting vendredi dans le township d'Epworth lui a donné une nouvelle opportunité de s'en prendre aux autorités britanniques et à ce qu'il estime être leurs "pantins" du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition), du haut d'une tribune improvisée sur un stade de foot où s'étaient rassemblées quelque 6.000 personnes.

"Epworth, cette année nous allons dire non aux Britanniques. Le MDC est un pantin des Britanniques (...) Nous sommes prêts à nous battre demain. Demain nous allons leur donner le coup de grâce", a-t-il lancé à la foule.

La Grande-Bretagne fait partie des puissances occidentales, dont l'Union européenne et les Etats-Unis, qui ont imposé des sanctions contre M. Mugabe et ses proches après sa réélection controversée et marquée par des violences en 2002.

Bien que ces sanctions, dont l'interdiction de séjour sur le territoire de l'Union européenne et le gel de comptes bancaires, ne visent pas la population zimbabwéenne, M. Mugabe a réussi à persuader nombre de ses partisans qu'elles étaient la cause de la crise économique.

Une jeune mère de famille, qui a refusé de dire son nom, ne lui tient pas rigueur de ses difficultés actuelles: "Je vais voter pour le président Mugabe. Ainsi, je suis sûre d'avoir un logement décent. Le gouvernement l'a promis et je le crois".

Une bonne partie de la foule arborait le T-shirt officiel de l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF, au pouvoir), à l'effigie de Robert Mugabe. D'autres étaient vêtus de chemises et pantalons multicolores ornés de l'emblème du parti, un poing serré.

Le long de la principale route menant au meeting, des affiches avec la photo du chef de l'Etat le poing levé avaient été collées sur les panneaux de signalisation, des rochers et des voitures en stationnement.

Les conseillers du président ont précisé que ses coups de pieds dans les ballons symbolisaient sa détermination à botter ses détracteurs en touche.

Mais son principal rival, le leader du MDC, Morgan Tsvangirai, s'est aussi servi d'une métaphore footbalistique lors de son dernier meeting à Domboshava, à une heure de voiture de Harare. "Il est temps de donner à Mugabe un carton rouge et sa retraite", a-t-il lancé devant quelque 4.000 partisans.

Publié le: 28/03/2008 à 17:05:19 GMT Source : AFP
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