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La montée en puissance des femmes dans la politique française
Martien Aubry et Ségolène Royal le 2 juillet 1997 à l'Elysée (© AFP/Archives - Gérard Fouet)
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PARIS (AFP) - Le duel vendredi de deux femmes à la tête du PS, Martine Aubry et Ségolène Royal, témoigne de la montée en puissance des femmes dans les responsabilités politiques en France, même si elles restent très minoritaires aux postes décisionnels.
De quatre "prétendants" au Congrès de Reims, Mmes Aubry et Royal -première femme ayant jamais disputé un second tour de présidentielle, en 2007- ont écarté les deux hommes. Bertrand Delanoë a renoncé, et Benoît Hamon n'est pas qualifié pour le second tour.

Une autre femme les aura précédées à la tête d'un grand parti: l'actuelle ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie, qui fut de 1999 à 2002 présidente du RPR, désignée elle aussi par les militants.

De même, le PCF et les Verts sont dirigés par deux femmes, respectivement Marie-George Buffet et Cécile Duflot. A l'extrême gauche, Arlette Laguiller, première femme candidate à une présidentielle en 1974, est depuis lors chef de file de Lutte ouvrière.

Une seule femme a été Premier ministre: Edith Cresson (1991-1992).

Les lois sur la parité, votées en 1998, sous la gauche, complétées par celles de 2007, sous la droite, -demandant aux listes municipales et cantonales d'alterner candidat homme et candidat femme- ont accéléré la participation des femmes à la vie politique. Mais les résultats laissent la France en retard des principales démocraties: seulement 107 femmes sur 577 (18,5%) à l'Assemblée nationale, 75 sur 343 (21,8%) au Sénat.

Seules deux femmes, Ségolène Royal (Poitou-Charentes) et Marie-Guitte Dufay (Franche-Comté), président des Conseils régionaux (sur 22).

13,8% de femmes sont maires, notamment dans 6 villes, -dont Lille, avec Martine Aubry- sur 38, de plus de 100.000 habitants, 13,1% sont conseillères générales. La parité -un candidat et un suppléant de sexes opposés aux cantonales- n'a pas retiré leur hégémonie aux hommes.

Depuis la Libération, dix ans après la présence de trois femmes dans le gouvernement de Front populaire de Léon Blum, le nombre de femmes au gouvernement a considérablement augmenté: Andrée Viénot est la première (dans les gouvernements du MRP Georges Bidault (1946), puis de Léon Blum (décembre 1946-janvier 1947)). En 1947, Robert Schuman nomme Germaine Poinso-Chapuis à la Santé, première ministre de plein exercice.

De 1958 à 1974, seules trois femmes (Nafissa Sid Cara, Marie-Madeleine Dienesch et Suzanne Ploux) accèdent au gouvernement. Valéry Giscard d'Estaing, en 1974, en nomme neuf, et de fortes personnalités comme Simone Veil (Santé), ou Françoise Giroud (Condition féminine), marquent la vie politique.

De 1981 à 1988, François Mitterrand fait appel à sept femmes dans des gouvernements de gauche, et à quatre dans le gouvernement de droite.Son second septennat est plutôt marqué par des femmes technocrates, issues des grandes écoles, et de moins en moins de militantes et d'élues.

Treize femmes de gauche sont ministres de 1988 à 1993 (Mmes Aubry et Royal notamment) et, de 1993 à 1995, trois à droite (toujours Mmes Alliot-Marie et Veil). Avec 12 femmes sur 43 membres, le premier gouvernement Juppé de 1995 est le plus féminisé de l'histoire. Cinq mois après, huit "Jupettes" sont évincées. En 1997, dans le gouvernement Jospin, les femmes sont nombreuses (8 sur 26), avec, pour la première fois, des communistes et une élue des Verts.

Les gouvernements (UMP) de Jean-Pierre Raffarin (2002 et 2004) et Dominique de Villepin (2005) comptent respectivement trois, quatre et deux femmes ministres de plein exercice, Mme Alliot-Marie ayant en charge la Défense, nouvelle étape dans l'avancée politique des femmes. Le gouvernement actuel de François Fillon, nommé par Nicolas Sarkozy, compte 13 femmes sur 38.

Publié le: 21/11/2008 à 08:01:40 GMT Source : AFP
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