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Le monde attend le retrait des troupes russes de Géorgie
Des soldats russes sur un blindé aux abords de la ville géorgienne de Gori, le 18 août 2008 (© AFP - Marco Longari)
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POINT DE CONTROLE RUSSE PRES DE GORI (AFP) - Le monde attendait lundi des preuves du retrait des forces russes de Géorgie que Moscou dit avoir entamé comme promis, alors que Tbilissi assure que ces troupes avancent encore sur son territoire.
"Six véhicules blindés russes se dirigent de Khachouri vers Satchkheré et six autres vers Borjomi", a déclaré le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Chota Outiachvili.

Satchkheré est à environ cinquante kilomètres au nord de Khachouri (centre), tandis que Borjomi est à 25 kilomètres au sud-ouest de cette ville.

Le reste des troupes russes, dont on ne connaît toujours pas le nombre, semblaient camper tranquillement sur leurs positions, malgré la promesse du président russe Dmitri Medvedev d'entamer le retrait "lundi en milieu de journée".

"Conformément au plan de paix, le retrait des forces russes de maintien de la paix a commencé aujourd'hui", a déclaré le chef-adjoint d'état-major Anatoli Nogovitsyne, lors d'une conférence de presse transmise à la télévision.

Le patron du Kremlin a lui lancé lundi une violente tirade après que l'Occident eut haussé le ton dimanche pour que Moscou cesse sa présence militaire en Géorgie, conformément à l'accord d'arrêt des hostilités.

Il a menacé d'une "riposte foudroyante" toute attaque contre ses citoyens et ses soldats, réclamant le "respect" des valeurs et de l'Etat russe, assurant toutefois ne pas souhaiter une "aggravation de la situation internationale".

Les soldats russes contrôlaient toujours lundi le principal accès à la ville géorgienne de Gori, à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de la capitale, Tbilissi.

Les troupes étaient aussi positionnées sur des postes de contrôle le long de la route reliant cette ville stratégique reliant l'est et l'ouest géorgien, s'approchant à quelque 30 kilomètres de Tbilissi.

Un cameraman de l'AFP a lui vu une trentaine de blindés et de chars ainsi qu'une centaine de soldats postés sur un croisement d'une route reliant Senaki, Zougdidi et le port de Poti, dans l'ouest géorgien.

A Zaramag, à la frontière entre la Russie et la région séparatiste géorgienne d'Ossétie du Sud, des camions militaires et d'aide humanitaire se croisaient dans les deux sens. Les troupes russes ne semblaient opérer aucun retrait massif.

A Tbilissi, le président géorgien, Mikheïl Saakachvili a pour la première fois appelé à des négociations avec la Russie.

Auparavant, a-t-il toutefois prévenu, "nous exigeons le retrait sans délai des forces d'occupation. Ensuite, commençons à réfléchir, à négocier sur la manière d'éviter un divorce définitif entre nos deux pays".

"La Géorgie ne se rendra jamais, ne tolérera jamais la perte de la plus petite parcelle de son territoire", a insisté M. Saakachvili dans un discours à la télévision.

Les Occidentaux ont de leur côté accentué la pression sur Moscou pour que les troupes russes quittent rapidement la Géorgie.

Le président français, Nicolas Sarkozy, dont le pays assure la présidence tournante de l'Union européenne, a appelé à un retrait "sans délai" de "toutes les forces russes" entrées en Géorgie depuis le 7 août, affirmant que ce point n'était "pas négociable", dans une tribune lundi dans Le Figaro.

Et il a mis en garde la Russie qu'il convoquerait un Conseil européen extraordinaire pour "décider des conséquences à en tirer" si Moscou ne respectait pas ses engagements.

La chancelière allemande, Angela Merkel, avait réitéré ses appels au retrait des troupes russes lors d'une visite dimanche à Tbilissi, une exigence répétée lundi par un porte-parole de son gouvernement.

La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a exprimé l'espoir que le Kremlin allait "cette fois-ci tenir sa promesse" et retirer ses troupes lundi.

Dimanche soir, le président de la république ossète, Edouard Kokoïty, a proclamé l'état d'urgence et limogé son gouvernement auquel il a reproché notamment des lenteurs dans la distribution de l'aide humanitaire.

Par ailleurs, la Russie et la Géorgie négociaient lundi l'échange de 14 soldats géorgiens détenus en Ossétie du Sud contre cinq Russes capturés par Tbilissi, selon un porte-parole militaire russe à Tskhinvali, la capitale sud-ossète.

L'état-major de l'armée russe a par ailleurs démenti des informations de la presse américaine et du Pentagone sur le déploiement de plusieurs rampes de lancement de missiles tactiques SS-21 en Ossétie du Sud, mettant la capitale géorgienne Tbilissi à portée de tirs.

"Ces missiles balistiques, capables d'atteindre des cibles importantes situées à 105 km, sont en service dans les forces terrestres russes. Mais il n'y a aucune nécessité de les utiliser dans cette situation", a déclaré le chef-adjoint d'état-major Anatoli Nogovitsyne, interrogé sur ces informations, lors d'une conférence de presse.

Aux Nations unies, les consultations prévues au Conseil de Sécurité sur un projet révisé de résolution sur le statut de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie (autre territoire séparatiste géorgien pro-russe) étaient en panne, selon un porte-parole de l'Onu.

Enfin, le conseil permanent de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) se réunissait lundi après-midi à Vienne pour donner son feu vert à l'envoi d'une centaine d'observateurs supplémentaires en Géorgie.

Publié le: 18/08/2008 à 14:30:14 GMT Source : AFP
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