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Des militants socialistes inquiets mais toujours "le PS chevillé au coeur"
Une déléguée socialiste vote à main levée le 16 novembre 2008 au Congrès PS de Reims. (© AFP - Francois Nascimbeni)
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REIMS (AFP) - "A nouveau il y a le risque d'être inaudible face à la droite": ce délégué est inquiet à l'issue du 75e Congrès du PS à Reims, où les militants dimanche démontaient les tribunes, roulaient les affiches frappées du poing et la rose, sans savoir qui serait leur prochain leader.
Il se déclare "extrêmement gêné": "Je vais revenir dans la Sarthe et leur dire qu'on n'a pas été capables de se mettre d'accord. A nouveau, il y a le risque d'être inaudible par rapport à la droite".

Des lueurs d'espoirs ont été allumées dans le ciel socialiste, se console-t-il cependant après trois jours de discours, "d'assemblée de motions" et l'échec de la "commission des résolutions" dans la nuit de samedi à dimanche: "J'ai vu que nous étions de gauche et que nous avions tous envie de préserver un certain niveau social et de liberté".

Reims n'a pas été Rennes de sinistre mémoire, mais quand même: "Je trouve cela triste de repartir sans ligne politique, ni véritable stratégie", se désole Quentin Lopes, 26 ans.

"Est-ce qu'il faut aller plus à gauche ou plus au centre?", s'interroge cet ingénieur du Nord qui a voté Benoît Hamon.

La personnalité et le style de Ségolène Royal, ainsi que la question des alliances avec le MoDem, agitent le landerneau socialiste. Jacqueline Dahlem, de Reims, "regrette que la motion arrivée en tête -celle de Royal- soit à nouveau remise en question par les autres motions, avec un procès sur la personne, en oubliant qu'il y a derrière la rénovation du PS".

Venu aussi en voisin à Reims, Rémi Laporte s'en prend au contraire, avec la fougue de la jeunesse, à l'ex-candidate et "son côté vierge effarouchée qui cherche le martyre".

"Samedi, elle a cherché pendant les quinze premières minutes de son discours à se faire huer, ce qui participe de sa logique: je ne suis pas aimée du parti -ce qui est vrai-, aimez-moi contre tous ces méchants", ajoute ce jeune diplômé d'allemand, qui a voté pour la motion F (Utopia, très marginale).

Mais ces querelles sont dans l'ADN du PS, estime Chantal Bourscheidt, 58 ans: "il vaut mieux que cela soit animé plutôt que les gens restent comme des béni-oui-oui devant Sarkozy comme à l'UMP".

A la buvette du hall des expositions, Mathieu Bourgasser, 36 ans, trinque au champagne avec un autre militant "pour fêter notre amitié. C'est un congrès délicat".

"Le PS pourrait vivre une rupture, je le sens avec le maintien de Benoît Hamon, qui dit qu'il est prêt à aller jusqu'au bout... ça veut dire: on est prêt à tout", s'inquiète cet aubryste venu du Lot.

Peur d'une implosion? Non, répond Jérôme Mikal de Reims car "tout le monde a tellement le PS chevillé au corps".

Pascal Josephe, 44 ans, élu parisien, lui s'enflamme: "Reims, c'est le congrès d'Epinay. C'est la renaissance. L'accouchement va être plus long".

"Aujourd'hui le PS ne sert plus qu'à délivrer des investitures... C'est un cartel électoral", dénonce-t-il.

A Reims, les militants se disent "au revoir, à jeudi!". Dans les urnes, pour trancher entre Aubry, Hamon et Royal.

Publié le: 16/11/2008 à 14:01:51 GMT Source : AFP
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