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Les Milanais, sceptiques et désabusés au moment de voter
Préparation des urnes le 12 avril 2008 dans un bureau de vote de Naples (© AFP - Mario Laporta)
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MILAN (AFP) - A Milan, la métropole du nord, fief de Silvio Berlusconi, les Italiens se montraient désabusés dimanche au moment de de se rendre aux urnes, doutant de la capacité de la classe politique à redresser une économie en berne.
"Le panorama politique n'est pas très séduisant et manque de nouvelles personnalités. Je n'ai pas beaucoup suivi la campagne, je trouve les programmes peu concrets", explique Flavio, un entrepreneur d'une quarantaine d'années, devant un bureau de vote de l'ouest de la capitale économique du pays.

"Pour le vainqueur, ce sera difficile de gouverner sans accord avec les petits partis. Le premier point serait de changer la loi électorale mais ce sera difficile", opine Adriano, cadre de 40 ans, en référence à la loi en vigueur qui rend difficile l'obtention d'une majorité au Sénat. Dans la plupart des conversations, le coût de la vie et la crainte de voir l'Italie perdre pied face aux autres pays européens est au premier rang des préoccupations.

A l'école Dante Alighieri, dans un quartier de classe moyenne où a voté Silvio Berlusconi, le constat revient fréquemment dans les conversations des retraités. "L'Espagne, longtemps loin derrière l'Italie, est maintenant plus riche que nous. Les candidats font beaucoup de promesses, mais tout le monde sait que notre pays n'a pas les moyens de les tenir", note Walter Cavalari, retraité et fidèle du "Cavaliere" Berlusconi.

"Veltroni a promis un bonus dès juillet pour les petites pensions et Berlusconi de les faire évoluer selon le coût de la vie. Mais en janvier, la hausse a été de 1%, une misère par rapport à l'inflation", estime Paolo Caramella, également retraité.

"Je suis favorable à Berlusconi mais il est meilleur chef d'entreprise qu'homme politique", ajoute-t-il. Lucia Bertucci, qui vient de transmettre sa petite entreprise à ses enfants, reconnaît également sans ambages voter pour Silvio Berlusconi.

Elle salue "une campagne où le paysage politique est devenu plus clair" qu'en 2006 avec deux grands partis, le Parti démocrate (centre-gauche) de Walter Veltroni et le Peuple de la liberté (droite) de Silvio Berlusconi. Elle déplore cependant "la hausse ininterrompue des impôts qui oblige à piocher dans les réserves".

"La politique italienne, c'est le chaos! Je n'ai pas suivi la campagne, les candidats s'occupent peu de nos difficultés à vivre", lance Chiara Calabria, mère au foyer. Non loin, dans un bureau de vote voisin, Orsala Spadano, greffière au Tribunal de Milan, se demande encore pour qui voter entre les candidats de gauche.

"Je vote à gauche mais je suis sceptique sur les programmes. Je vais plutôt me déterminer par rapport aux valeurs chrétiennes qui me tiennent à coeur", explique t-elle.

Au quotidien, Mme Spadano se dit "désorientée par le manque de moyens qui pèse sur le fonctionnement de la justice". "Mon autre crainte est pour la santé, j'ai peur que la droite ne privatise le secteur et que se soigner devienne inaccessible à une partie de la population", dit-elle.

A Milan, le scrutin s'est jusqu'à présent déroulé sans anicroches. Dans tout le pays, les téléphones portables ont été interdits dans les isoloirs.

Photographier son bulletin une fois coché pour s'en servir comme preuve est en effet une pratique courante dans les régions du sud où la mafia exerce une influence sur le vote.

Publié le: 13/04/2008 à 11:57:22 GMT Source : AFP
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