| Les merveilles du tourisme de Java éprouvées mais debout |
| PRAMBANAN (AFP) - Depuis le IXe siècle, le temple de Prambanan rend hommage en silence à Shiva, Brahma et Vishnu. Samedi, les dieux hindouistes l'ont peut-être remercié de sa longévité: la merveille a tremblé mais elle est encore debout. |
"On n'a pas le droit de toucher. Les conservateurs veulent pouvoir tout vérifier", prévient Basori, garde du temple.
La porte d'entrée, au sud, n'est plus qu'une ruine.
Le temple de Shiva, restauré en 1963 et récemment visité par les experts, n'a quasiment pas souffert. Mais à quelques mètres à peine, l'édifice dédié à Brahma, dont l'escalier est désormais aussi inaccessible que menaçant, est jonché de pierres de plusieurs centaines de kilos et de statuettes détrônées de leur socle.
Il faudra répertorier, remonter, sauver ce qui peut l'être en utilisant les plus infimes fragments de pierre et éviter, d'ici là, le moindre pillage.
Le temple est donc fermé aux touristes depuis samedi.
Avec l'immense et suprême beauté bouddhiste de Borobudur, à 42 kilomètres de Yogyakarta, il constitue l'une des grandes attractions de la région avec environ 1,5 million de visiteurs par an, selon Condroyono, chef du département du tourisme du gouvernement provincial.
Borobudur en attire deux fois plus et, malgré les craintes, n'a pas été touché.
"Environ 20% de l'économie locale vient du tourisme", estime le responsable. Mais la manne sera bloquée pour quelques jours.
A quelques kilomètres du Prambanan, le petit temple de Plaosan a lui aussi durement souffert. Le sommet de son édifice principal, rénové en 1997, a été décapité et les allées régulières qui permettaient de déambuler entre les restes de stupas sont impraticables.
Une dizaine de tentes de réfugiés, dont les maisons ont été détruites de l'autre côté de la route, se sont installées le long des jardins en attendant mieux.
Le Taman Sari, ancien palais de détente et de méditation des sultans, qui y abritait aussi leur harem, est lui aussi fermé. Dans l'enceinte, plusieurs maisons ont été détruites. Les boutiques de souvenirs, statues et batiks devraient rester vides quelques jours.
Et les habitants qui vivent dans l'enceinte évoquent cette famille de cinq personnes dont deux sont mortes et deux grièvement blessées.
Les autorités locales vont devoir s'assurer de la sécurité des sites et des moyens de les restaurer avant d'autoriser de nouveau leur exploitation. "On a besoin que les conservateurs vérifient l'état des temples", confirme Condroyono.
En attendant, les petits vendeurs sont au chômage technique et les guides attendent avec inquiétude de savoir si les tour-opérateurs prévoient des annulations.
Autre coup dur pour l'industrie du tourisme, le tremblement de terre a détruit plusieurs villages d'artisans, dont certains vivaient essentiellement d'objets en terre cuite qui n'ont pas résisté à la secousse sismique.
"Un village peut exporter jusqu'à trois conteneurs par semaine", assure Condroyono pour qui les pertes financières sont assurément très importantes.
"Je ne sais pas combien de temps il faudra pour que les gens reviennent mais il y a aura beaucoup de pertes matérielles", ajoute-t-il.
Mais l'avenir est moins noir que la pierre millénaire des temples. "Le plus important, ce sont le Palais du Sultan, le Prambanan et Borobudur. Et tout est encore là".
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| Publié le: 30/05/2006 à 08:23:06 GMT |
Source : AFP |
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