| Medvedev, un tsar russe qui se veut "normal et moderne" |
| MOSCOU (AFP) - Héritier de la politique musclée de Vladimir Poutine, Dmitri Medvedev élu à 42 ans président de la Russie, promet de garder le cap mais il incarne aussi un changement de génération: il surfe sur l'internet, écoute du rock et se dit un "homme normal et moderne". |
Dauphin de Vladimir Poutine, de 13 ans son aîné, qui a promis de devenir son Premier ministre, M. Medvedev, ancien juriste au discours monotone, s'apprête à diriger en tandem le plus grand pays du monde et cherche son propre style après avoir copié intonations et gestes de son maître.
"Son amour propre et ses ambitions s'amplifient à vue d'oeil, il parle déjà de Poutine sans révérences dans des conversations privées", écrit l'hebdomadaire Newsweek citant des proches de M. Medvedev.
Si hommes d'affaires, politiques ou commentateurs se demandent toujours "Qui est M. Medvedev ?" en examinant à la loupe ses discours, parfois contradictoires, tous placent des espoirs dans sa jeunesse.
"Il est extrêmement important de rester dans toute situation un homme normal et moderne", a déclaré M. Medvedev dans une rare interview avant l'élection à l'hebdomadaire Itogui où il avoue préférer regarder les informations qui l'intéressent sur l'internet plutôt qu'à la télévision.
"Il est très intelligent. Il fait partie d'une autre génération", disait de lui en décembre le secrétaire d'Etat américain Condoleezza Rice.
Appréciant les projets économiques dont il était en charge, Mme Rice rappelait aussi à cette occasion qu'il était depuis juin 2000 à la tête du conseil d'administration de Gazprom, le géant gazier russe critiqué comme étant l'arme énergétique du Kremlin.
Né le 14 septembre 1965 à Leningrad (aujourd'hui Saint-Pétersbourg) dans une famille d'enseignants, Dmitri Medvedev a grandi dans un quartier populaire.
Il va à l'université de droit de sa ville natale mais entre aussi très vite au Comité des relations extérieures de la municipalité, alors dirigé par Vladimir Poutine, où il reste cinq ans (1990-95).
Sa carrière se construit dès lors toute entière autour de M. Poutine, qui le fait "monter" à Moscou en 1999.
Après la démission surprise du président Boris Eltsine le 31 décembre 1999, M. Medvedev est nommé chef-adjoint de l'administration présidentielle, puis chef de l'état-major électoral de M. Poutine pour la présidentielle de 2000.
En novembre 2005, il devient premier vice-Premier ministre, chargé des grands projets nationaux (santé, logement, éducation, agriculture), une promotion largement perçue comme un tremplin vers le Kremlin. Il sera désigné dauphin le 10 décembre 2007.
Depuis, le candidat Medvedev n'affiche qu'un programme: la fidélité à Vladimir Poutine et la continuité de sa politique.
"Le principal avantage incontestable de M. Medvedev" est qu'"il est jeune", estime Oleg Morozov du parti pro-Kremlin Russie unie pour expliquer le choix de Poutine alors que l'opposant Garry Kasparov parle de "la faiblesse" de Medvedev, "facile à contrôler".
Le nouveau président russe est marié à Svetlana, confiant lui avoir demandé, "dans la logique d'un homme normal", de "rester à la maison" après la naissance de leur fils Ilia, âgé aujourd'hui de 12 ans.
Adolescent, Dmitri Medvedev rêvait d'un jean de marque ou d'un disque de rock qui coûtait sur le marché noir des sommes "astronomiques". En montant à Moscou, il a compris que le Kremlin était son lieu préféré.
Ses voeux sont exaucés d'une manière inespérée: Deep Purple, son groupe préféré a donné un concert au Kremlin le 10 février pour les 15 ans de Gazprom et il a traversé en jean la Place Rouge pour aller saluer ses partisans, le soir où il était élu président de Russie.
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| Publié le: 03/03/2008 à 19:20:03 GMT |
Source : AFP |
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