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Avec Medvedev, la Russie des affaires veut croire aux réformes
Un tableau de cotations dans le centre de Moscou, en mai 2006 (© AFP/Archives - Denis Sinyakov)
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MOSCOU (AFP) - Les milieux d'affaires russes espèrent que l'arrivée de Dmitri Medvedev à la tête de la Russie va donner un coup de fouet aux réformes, alors que le bilan laissé par son prédécesseur Vladimir Poutine apparaît solide mais terni par l'inflation.
Bien que dépourvu de la moindre once de surprise, le résultat du scrutin de dimanche a été accueilli avec une certaine satisfaction par les décideurs économiques car il "marque la fin du processus formel de succession du président Poutine, ce qui contribuera à réduire encore le risque politique", résume Iaroslav Lissovolik, économiste de la Deutsche Bank à Moscou.

"En dépit des récentes critiques sur le recul de la liberté et de la démocratie en Russie, le départ de Poutine du Kremlin est sans doute ce qui confirme le mieux que la Russie a choisi une transition pacifique comme l'exige la Constitution", renchérit Katia Malofeeva, analyste de la banque Renaissance Capital.

De plus, le bon score enregistré par M. Medvedev (70,23% des voix, selon des résultats préliminaires quasi définitifs) lui garantit "suffisamment de crédit politique pour s'attaquer à certaines des réformes prioritaires présentées dans son discours de Krasnoïarsk" le 15 février dernier, souligne M. Lissovolik.

Le candidat avait alors mis l'accent sur les "4 i", c'est-à-dire les institutions, les infrastructures, l'innovation et l'investissement.

Il avait en particulier insisté sur la nécessité de diversifier l'économie, réduire la présence de l'Etat, rendre son indépendance à la justice et lutter contre la corruption. Il est généralement dépeint comme plus "libéral" que son prédécesseur et mentor.

De tels propos sont du miel aux oreilles des investisseurs, souligne Neil Cooper, directeur de la Chambre de commerce russo-britannique à Moscou.

"Je pense que (leur) réponse (à l'élection) sera très positive. (...) Tout ce que nous l'avons entendu dire évoquait la poursuite des réformes pour un marché libre", a-t-il dit à l'AFP.

Chris Weafer, analyste de la banque Uralsib, souligne de son côté que l'essentiel pour les milieux d'affaires à présent est de voir si le tandem Medvedev-Poutine va fonctionner de manière à garantir la stabilité et qui va hériter des postes-clés pour l'économie et les principales industries.

"Les noces sont terminées, à présent c'est l'heure de la lune de miel. Les investisseurs espèrent qu'elle sera longue et radieuse, et qu'elle donnera naissance à de nombreuses jolies réformes", ironise-t-il dans une note.

Anders Aslund, économiste au Peterson Institute for International Economics, un centre de recherche indépendant, n'en est pas persuadé.

Il souligne dans une récente tribune dans le quotidien russe en langue anglaise Moscow Times que la performance économique de la Russie sous Poutine (depuis 2000, ndlr) a certes été appréciable mais que "trop de problèmes se sont accumulés en raison de la quasi-absence de réformes depuis 2002".

"Jusqu'à récemment, Vladimir Poutine pouvait prétendre avoir mené une politique macroéconomique responsable, mais il a mis en péril cette performance en procédant à des dépenses populistes en pleine flambée inflationniste", ce qui a aggravé le phénomène, critique-t-il.

L'inflation, qui a frôlé les 12% l'an dernier, est considérée comme la principale ombre au tableau dans un bilan économique par ailleurs flatteur, même s'il a été largement porté par l'envolée des cours du pétrole.

"Quoiqu'il advienne après le deuxième mandat de Poutine, la Russie a grand besoin de relancer ses réformes de marché. Mais Poutine et son entourage du KGB laisseront-ils faire Medvedev?", s'interroge Anders Aslund.

Publié le: 03/03/2008 à 14:33:36 GMT Source : AFP
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