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Medvedev au Kremlin, la continuité du "plan Poutine"
Le président russe Vladimir Poutine et son dauphin Dmitri Medvedev, le 28 février 2008 à Moscou (© AFP - Sergey pPonomarev)
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MOSCOU (AFP) - La victoire programmée de Dmitri Medvedev dimanche à la présidentielle russe vise avant tout à garantir la stabilité du pays et la pérennité du clan au pouvoir, sinon de Vladimir Poutine lui-même, au mépris de la démocratie.
Le scénario de la succession au Kremlin, qui avait donné lieu à tant de conjectures, s'est avéré au final d'une simplicité déroutante : Vladimir Poutine part, comme il l'avait promis, pour mieux rester comme Premier ministre.

Tenant parole - "je ne serai pas candidat en 2008" proclamait-il en 2005 -, il n'a pas touché à un iota de la Constitution russe, qui lui interdit de se représenter après deux mandats consécutifs, pour se maintenir au Kremlin.

Mais loin de passer le relais, il a opté pour un "plan B" inédit dans un régime présidentiel fort : un tandem au sommet de l'Etat où il entend bien rester aux commandes en tant que Premier ministre. Le gouvernement est "l'exécutif suprême", a-t-il proclamé le 14 février.

Restait à trouver le bon binôme pour cet attelage inédit. Loyal, le profil bas, même s'il n'est évidemment pas dénué d'ambitions, Dmitri Medvedev, premier vice-Premier ministre, s'est imposé comme un choix logique. Dans un premier temps au moins, Vladimir Poutine est assuré de garder l'ascendant sur un successeur qui lui doit tout, jusqu'à son élection, et s'est d'ailleurs contenté d'incarner tout au long de la campagne la continuité du "plan Poutine".

Même si Dmitri Medvedev est élu dès le premier tour dimanche avec plus de 50% des voix, le président sortant pourra aussi se prévaloir d'une légitimité personnelle fraîchement confirmée dans les urnes, sa liste ayant remporté 64,3% des voix en décembre aux législatives.

Vladimir Poutine, dont la cote de popularité (80%) reste inégalée, incarne le retour à la stabilité et à une certaine prospérité économique, après le chaos post-soviétique et deux guerres en Tchétchénie qui ont traumatisé une partie de la population.

Sous sa présidence, les retraites ont recommencé à être payées, le salaire moyen mensuel a été multiplié par plus de six à 13.500 roubles (375 euros) et l'économie, dopée par l'envolée des prix du pétrole dont la Russie est deuxième exportateur mondial, carbure avec 7-8% de croissance annuelle. La "stabilité" est devenue le maître mot, dans la bouche des dirigeants russes comme sur les affiches invitant à aller voter "Pour la stabilité et la continuité du pouvoir".

Pendant la présidence de Vladimir Poutine, elle a justifié toutes les atteintes à la liberté de la presse et au pluralisme politique, l'opposition ayant été réduite à faire de la figuration. Pour cet ancien lieutenant-colonel du KGB, inconditionnel de l'ordre et de l'autorité, et une partie de la classe politique, sinon de la société elle-même, pétrie de culture soviétique du parti unique, la Russie doit suivre sa voie propre et celle-ci ne passe pas pour l'heure par une démocratie à l'occidentale.

"On n'est pas encore complètement solide, c'est rassurant de tout contrôler", reconnaissait récemment un haut responsable russe, sous le couvert de l'anonymat.

En restant au pouvoir, Vladimir Poutine préserve aussi les intérêts de son clan, anciens du KGB et Pétersbourgeois - originaires comme lui de l'ancienne capitale impériale- qui occupent des postes-clés à l'administration présidentielle, au gouvernement ou à la tête des grands groupes publics.

Mais dans un pays qui ne semble toujours pas libéré des démons de l'instabilité, le pari du président n'est pas sans risques et l'avenir du tandem Poutine-Medvedev suscite bien des interrogations.

"On ne règne pas en duo sur la Russie (...) Le pouvoir à deux têtes mène aux troubles et à la discorde", estime ainsi Alexandre Konovalov, président de l'Institut des évaluations stratégiques.

Publié le: 02/03/2008 à 11:54:54 GMT Source : AFP
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