| Entre Martine Aubry et Ségolène Royal, une vieille querelle |
| PARIS (AFP) - La vision de la politique et la "peopolisation", la conception du PS, les valeurs de la gauche mais aussi une rivalité d'ambition opposent depuis une dizaine d'années Ségolène Royal, 55 ans, et Martine Aubry, 58 ans, aujourd'hui en compétition pour la conquête du parti. |
Voici quelques-unes des passes d'armes entre les deux femmes:
LES RAPPORTS ENTRE ELLES
"Avec Ségolène Royal, nous parlons de tout, parce que nous sommes des femmes. Nous parlons de ce que nous avons en commun, nous parlons aussi des désaccords que nous pouvons avoir, dans une grande clarté" (Aubry, Lille, jan. 2007).
"Pour Martine, je faisais partie des ombres, des passe-murailles (...) Elle me prenait vraiment pour la dernière des nouilles" (Royal, Les Echos, sept. 2008)
"Elle balance, mais ce n'est pas nouveau de sa part. Qu'elle vienne au Zénith, la musique adoucit les moeurs!" (Royal, entretien à 20 minutes, sept. 2008)
"Je n'aime pas caresser les gens dans le sens du poil (...) Le problème n'est pas de plaire, pas de savoir si on a les bonnes mensurations" (Aubry, sept. 2006).
LA VISION DE LA POLITIQUE
"La politique, c'est donner une vision et un sens, et pas demander aux Français tous les matins ce qu'ils pensent ou dire ce qu'on croit qui va leur plaire" (Aubry - juin 2008). "On peut incarner le changement en changeant d'avis tous les jours...". (nov. 2008)
"Les citoyens sont les meilleurs experts de ce qu'ils vivent" (un leitmotiv de sa campagne présidentielle), "j'ai compris qu'il fallait changer de fond en comble la façon de faire de la politique" (Royal, 19 novembre 2008).
LES VALEURS DE LA GAUCHE
Il faut "rompre avec le défaitisme et l'alignement vers le bas, il faut rétablir un ordre juste" (Royal - Arras, fev. 2006). Les socialistes "doivent avoir le courage de remettre en cause certains dogmes et slogans" (Royal, juin 2007).
"Comme disait Camus, il n'y a pas d'ordre sans justice et, quand on est de gauche, on ne doit faire aucune compromission" (Aubry - Lens, sept. 2006). "Ce n'est pas parce que nous avons défendu des valeurs de gauche que nous avons échoué, mais parce que nous ne les avons pas portées assez haut" (Aubry, août 2008).
LA CONCEPTION DU PS
"Ce que je propose aux militants, c'est de ne pas redonner le parti à ceux qui l'ont déjà depuis 15 ans puisqu'avec Martine Aubry, il y a aussi Lionel Jospin et Laurent Fabius". "J'incarne un contact particulier avec le peuple" (Royal, nov. 2008)
"Nous pensons qu'un parti ne doit pas être derrière une personnalité, ce doit être des militants engagés (...) non pas pour la réussite d'une personne, mais pour la réussite de leurs valeurs" (Aubry, nov. 2008)
"Le renouveau n'est pas une question d'âge, mais de pratique" et "quand le débat n'est pas à la hauteur, les Français choisissent sur l'image, sur l'anecdote" (La Rochelle, août 2006).
LA CAMPAGNE PRESIDENTIELLE
"Les autres motions (pour le congrès de Reims, ndlr) sont portées par des personnalités qui ont été aux abonnés absents, comme Martine Aubry", pendant la campagne de 2007 (Royal, sept. 2008).
"Ségolène Royal a choisi un style extrêmement particulier, un rapport aux Français qui n'est pas le rapport habituel de la politique (...), je crois qu'il faut non seulement le respecter mais s'y inscrire" (Aubry, jan. 2007).
VIE PUBLIQUE ET VIE PRIVEE
Des problèmes personnels, "on en a tous". "Je pense que quand on parle de cela, on ne parle pas de pouvoir d'achat, de logement. Quand est-ce qu'on en parle, quand on parle de ses rapports de couple, quand on parle de ses conquêtes?" (Aubry, jan. 2008, après que Mme Royal eut dit à la télévision sa souffrance d'avoir été "trompée" avant sa rupture avec François Hollande).
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| Publié le: 21/11/2008 à 16:55:06 GMT |
Source : AFP |
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