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Martine Aubry revient en force après son triomphe à Lille
Martine Aubry après sa réélection à Lille, le 16 mars 2008. (© AFP - Philippe Huguen)
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PARIS (AFP) - Réélue triomphalement dimanche, la maire de Lille Martine Aubry fait son retour au premier plan, avec un discours très ancré à gauche qui la distingue nettement de Ségolène Royal alors que la succession de François Hollande à l'automne est dans tous les esprits.
Un moment en délicatesse avec les socialistes du Nord, ayant délaissé la conquête d'un siège de députée aux législatives de 2007, "mal à l'aise" de son propre aveu avec le type de campagne présidentielle de Ségolène Royal, l'ex-numéro deux du gouvernement Jospin a commencé à "faire entendre sa voix, avec d'autres".

Elle avait pris date dès le soir du premier tour, obtenant à Lille le meilleur score de la gauche depuis Pierre Mauroy en 1983. Dimanche, sa liste élargie aux Verts (comme en 2001) puis au MoDem a recueilli 66,56% des voix, sans égal depuis la victoire de Roger Salengro dans les années 1930.

"C'est le signe d'une implantation particulièrement réussie", convient l'eurodéputé Harlem Désir, proche de Bertrand Delanoë. "Beaucoup de socialistes rêveraient d'un score pareil", selon le fabiusien Claude Bartolone, qui y voit une belle revanche après les vives tensions entre le maire d'une part, Pierre Mauroy et bien d'autres notables locaux d'autre part.

"C'est du passé. On a eu une franche explication, c'est toujours utile", affirme le "premier fédéral" du Nord Gilles Pargneaux, proche de M. Mauroy. Numéro 3 sur la liste Aubry, il salue "une superbe campagne, un super bilan, un projet très ambitieux et une stratégie gagnante".

Très demandée, Martine Aubry a fait lundi et mardi une mini-tournée des plateaux audiovisuels: Le Franc-parler (France Inter/I-télé/Le Monde), France 5 et Canal+.

Elle s'est bien gardée d'entrer dans la course à la succession de François Hollande, estimant que ce serait "la pire des choses". D'aucuns au PS assurent pourtant, sous couvert d'anonymat, que telle est son ambition.

Avec ses proches, comme la maire élue de Reims Adeline Hazan, elle s'est inscrite dans un vaste regroupement, "les reconstructeurs", peuplé, outre ses amis, de ceux de Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius et Arnaud Montebourg.

Objectif affiché: éviter un affrontement mortifère entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë pour le leadership au congrès de l'automne, dans la perspective de la prochaine présidentielle, et privilégier la réflexion sur le projet de société des socialistes.

"Je ne réimpulserai pas toute seule. Nous sommes nombreux à pouvoir nous mettre autour de la table. Notre intelligence collective fera le reste", a souligné lundi Mme Aubry, qui répète son agacement face aux ambitions individuelles.

Sur le fond aussi, elle marque sa différence, en relevant que "la stratégie (de Mme Royal), à l'évidence, n'a pas convaincu les Français" à la présidentielle, et en déployant l'étendard de la gauche qui n'a pas renié la réforme des 35 heures. Elle regrette que celle-ci ait eu "des doutes sur ses valeurs" qui "n'ont jamais été autant d'actualité", et déclare que "les Français ont envie, dans leur majorité, de porter haut les valeurs de justice, de solidarité, de tolérance".

Seul François Hollande, pas très bon camarade pour l'occasion, s'est gaussé du retour de Mme Aubry ("quand on a gagné une élection, on pense souvent être le seul dans cette position").

Pour Gilles Pargneaux, qui avait soutenu dès septembre 2006 Mme Royal pour la présidentielle, la maire de Lille "a toute légitimité à s'exprimer car c'est une de nos personnalités nationales". "Elle devra être partie prenante du débat, il serait anormal qu'elle ne le soit pas".

Publié le: 18/03/2008 à 18:49:37 GMT Source : AFP
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