| Marseille reste à l'UMP mais Gaudin fera face à une opposition renforcée |
| MARSEILLE (AFP) - Jean-Claude Gaudin a réussi à contrer la tendance nationale en conservant Marseille à l'UMP mais son troisième mandat s'annonce compliqué face à une opposition renforcée. |
"Ce fut une élection difficile", a reconnu dimanche soir le numéro deux de l'UMP, qui a obtenu 50,42% et reçu les félicitations du président Nicolas Sarkozy. Lundi matin, il est allé en remerciement à la basilique de Notre-Dame de la Garde, chère aux Marseillais.
Il n'a pas caché son bonheur d'avoir pu conserver la deuxième ville de France à l'UMP malgré la vague rose dans le pays mais s'est voulu consensuel en promettant "un gouvernement municipal de mission" pour réaliser "le changement" - mot d'ordre de son adversaire - et "partager la réussite de Marseille" - son slogan à lui.
Cette victoire le place en bonne position pour briguer cet automne la présidence du Sénat, une ambition qu'il a à coeur depuis plusieurs années. Mais dès vendredi, à la première réunion du nouveau conseil municipal qui doit le réélire, Gaudin devra composer avec une majorité rognée: 51 sièges contre 49 à la gauche et un au Front national. Dans le conseil municipal sortant, il disposait de 61 sièges, contre 37 à la gauche et trois au MNR.
Avec 47,75%, la gauche a en effet réussi un score inédit depuis 25 ans, sous la houlette du président PS du conseil général Jean-Noël Guérini qui l'a patiemment raccommodée après des années de déchirements internes. Guérini, qui a mené une campagne longue et pugnace alors qu'il était peu connu du grand public voilà sept mois, a pris date pour 2014 et averti qu'il lançait immédiatement la bataille.
"J'ai décidé de mener le combat avec la même équipe en 2014 dès demain", a-t-il annoncé dimanche soir. "J'ai pris conscience que pour gagner une ville comme Marseille, la deuxième ville de France, on doit se mettre en campagne pendant six ans". "J'espère que la gestion de la ville sera plus équilibrée dans les années à venir qu'elle ne l'a été durant ces treize dernières années", a insisté M. Guérini. Jugeant "Marseille coupée en deux entre quartiers populaires et quartiers aisés", il a réclamé au maire "une politique plus équitable, plus juste, tournée vers l'ensemble des Marseillais".
Même s'il a été défait dans son secteur par Renaud Muselier, homme-lige de Gaudin, et que François Bernardini, ex-homme fort du PS dans le département exclu en 2001 après des démêlés judiciaires, s'est fait réélire à Istres, Guérini voit sa main renforcée par les cantonales qui ont accru sa majorité au conseil général. Son lieutenant Patrick Mennucci, connu pour sa faconde musclée, a gagné une bataille symbolique à Marseille en remportant le secteur jusqu'alors dirigé par un fidèle de Gaudin, l'UMP Jean Roatta.
"Les choses ne seront plus pareilles à Marseille", a assuré Mennucci lundi sur la radio France Bleu Provence. "Le maire ne pourra pas gouverner de la façon un peu autiste, communiquant très rarement, qu'il a utilisée pendant 13 ans". "J'attends surtout qu'avec les promesses que Jean-Noël Guérini a pu faire, et notamment sur l'abondement des grands chantiers, des grandes réalisations, le Conseil général se montre un peu plus généreux qu'il ne l'a été jusqu'à présent", a rétorqué M. Gaudin.
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| Publié le: 17/03/2008 à 12:38:22 GMT |
Source : AFP |
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