| Maroc: la police recherche une dizaine de kamikazes à Casablanca |
| CASABLANCA (AFP) - Les services de sécurité marocains étaient à la recherche mercredi d'une dizaine de kamikazes, qui seraient cachés dans Casablanca et risqueraient de se faire exploser, comme les quatre qui se sont donné la mort la veille lors d'une importante opération de police. |
"Nous sommes à la recherche à Casablanca d'une dizaine de terroristes extrêmement dangereux, car ils sont prêts comme ceux de la veille à se faire exploser", a affirmé à l'AFP une source policière.
Pour sa part, dans un message, le roi Mohamed VI a exprimé "sa profonde conviction que la lutte contre le terrorisme et ses adeptes est l'affaire de tous". Il a souligné que les Marocains étaient "profondément attachés à leur société et à leur patrie face à l'extrémisme, le terrorisme et tout ce qui est de nature à menacer leur foi (...) et l'option démocratique irréversible du royaume".
Mardi, dans un quartier populaire de la capitale économique du Maroc, trois kamikazes ont fait exploser leurs charges, un quatrième a été abattu avant d'actionner ses explosifs et un policier a été tué.
Les quatre kamikazes étaient de jeunes islamistes ayant des antécédents judiciaires. La police a indiqué que "l'homme abattu à l'aube était Mohamed Mentala, alias Warda, recherché dans les attentats de Casablanca en 2003 et le premier kamikaze qui s'est tué dans la matinée s'appelait Mohamed Rachidi", âgé de 37 ans. Il faisait partie d'une cellule impliquée notamment dans le meurtre en 2003 d'un gendarme à Casablanca.
Le deuxième est Ayoub Raidy, frère de Abdelfettah qui avait trouvé la mort le 11 mars en actionnant des explosifs qu'il transportait sur lui dans un cybercafé de Casablanca. L'explosion avait blessé son complice présumé, Youssef Khoudri et trois clients.
Le troisième kamikaze s'appelle Said Belouad et il était né à Casablanca en 1976.
Selon la police, ce groupe était activement recherché "dans le cadre de l'enquête sur l'attentat du 11 mars dans un cybercafé à Casablanca", a précisé la police.
Pour le chercheur Mohamed Darif, l'un des principaux experts sur l'islamisme marocain, "le danger reste important car si la police a réussi à éliminer hier une cellule de quatre personnes, il y a actuellement au Maroc un réseau composé de plusieurs cellules qui ne se connaissent pas entre elles".
"Je crois que les autorités doivent aussi déployer des efforts pour découvrir des caches pour les explosifs que ce réseau a fabriqués", a-t-il ajouté.
"Ce qui est saisissant, c'est à la fois l'extrême détermination de ces jeunes prêts à mourir plutôt que de tomber aux mains de la police, et le fait qu'ils semblent livrés à eux même, sans objectifs précis, car ils auraient pu faire très mal en s'explosant dans la rue ou près de cibles stratégiques", a affirmé à l'AFP un expert européen en matière de sécurité basé à Rabat.
Ces attentats sont bien sûr à la une de la presse marocaine qui souligne le caractère planétaire du terrorisme. Dans son éditorial, Aujourd'hui le Maroc (indépendant) affirme qu'il s'agit "d'une guerre mondiale" alors que l'Economiste, quotidien des milieux d'affaires, note que "l'influence de la télé satellitaire ouvre (les bidonvilles) sur le monde et ce qui se passe à l'autre bout de la planète, au Proche-Orient, peut prendre valeur d'émulation et parfois de tragique exemple".
Sur place, près du lieu où se sont produits la veille les explosions, une énorme banderole a été déployée mercredi matin avec ces mots "touche pas à mon pays, le Maroc".
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| Publié le: 11/04/2007 à 15:14:05 GMT |
Source : AFP |
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