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Dossiers » Election présidentielle en Russie Dossiers » Election présidentielle en Russie
"Marionnette" de Poutine, Medvedev endosse le costume de président
Poutine et Medvedev, le 2 mars 2008 sur la place Rouge à Moscou (© AFP/Ria Novosti - Dmitry Astakhov)
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MOSCOU (AFP) - Quand Dmitri Medvedev a fait ses premières déclarations post-électorales, les journalistes attendaient la "marionnette" de Vladimir Poutine. Ils ont vu un président entrer en scène.
Depuis des semaines, journalistes et observateurs moquaient le côté "petit garçon" de Dmitri Medvedev, sommé de rester un pas en retrait quand il apparaissait avec le président sortant.

Sitôt élu, l'ancien juriste de 42 ans, un haut fonctionnaire effacé à la carrière discrète aux postes les plus importants de l'Etat, a rattrapé son mentor.

Peu avant minuit, c'est côte à côte que les deux hommes ont descendu la place Rouge pour aller célébrer la victoire sur la scène d'un concert de musique rock aux forts accents nationalistes.

Dmitri Medvedev avançait serein, en jeans et veste de cuir, un large sourire aux lèvres. A ses côtés, Vladimir Poutine, qui a fait de son âge (il avait 47 ans à son arrivée au Kremlin) et de sa silhouette mince un argument de vote, avait presque pris un coup de vieux.

"Aujourd'hui, c'est une journée particulière. Nous choisissons la voie du développement du pays sur une longue période à venir", a lancé le futur président d'un air très assuré.

"Nous avons toutes les chances de continuer à nous développer comme nous nous sommes développés ces dernières années, de renforcer la stabilité, d'améliorer la qualité de la vie, d'aller de l'avant", a-t-il dit.

Quand il donne quelques instants plus tard sa première conférence de presse, entrant d'un pas rapide dans la salle, le regard des journalistes russes a changé.

Parlant d'une voix calme et posée, très à l'aise, il n'esquive pas la question du partage des pouvoirs avec Vladimir Poutine, qui occupe tous les esprits.

"C'est la question la plus facile à laquelle je dois répondre aujourd'hui", répond-il le sourire aux lèvres.

"Le président a ses pouvoirs et le Premier ministre a les siens. Ces pouvoirs ont été établis depuis longtemps et personne ne veut les changer", a-t-il déclaré.

Et alors que la presse s'interroge depuis des semaines sur la possibilité que Vladimir Poutine gouverne depuis le Kremlin et non depuis la Maison blanche, le siège du gouvernement, M. Medvedev est très clair : "Le président est au Kremlin, le chef du gouvernement à la Maison blanche".

Sur la politique étrangère, un domaine dans lequel Vladimir Poutine a excellé pendant huit ans, M. Medvedev a été très ferme. "C'est le président qui détermine la politique extérieure en vertu de la Constitution".

Tout en revêtant le costume présidentiel que certains auraient pu croire trop grand pour lui, Dmitri Medvedev ne s'est pas débarrassé de ses manières de petit garçon poli.

Avant de répondre, il remercie systématiquement le journaliste pour sa question.

"Je suis un être humain", souligne-t-il, interrogé sur son appréhension toute la journée du vote. "C'est une des journées les plus difficiles émotionnellement de toute ma vie", confesse-t-il.

Publié le: 03/03/2008 à 15:39:52 GMT Source : AFP
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