| Marins britanniques ou pas, Washington se dit prêt au dialogue avec l'Iran |
| WASHINGTON (AFP) - Une semaine après la capture de quinze marins britanniques par Téhéran, les Etats-Unis affichent ostensiblement leur volonté de dialogue avec l'Iran sur l'Irak, de même que leur désir de régler pacifiquement la crise nucléaire iranienne. |
Même si un responsable de la Marine américaine a reconnu que les manoeuvres américaines de mardi et mercredi dans le Golfe avaient été avancées suite à la capture des marins britanniques, la Maison Blanche et le département d'Etat ont insisté mercredi sur leur volonté de trouver une issue pacifique à la crise.
"Ces exercices militaires étaient prévus de longue date et il n'y a aucune escalade des tensions de notre part", a assuré mercredi une porte-parole de la présidence, Dana Perino.
La capture des marins britanniques par l'Iran dans le Golfe, à la veille de l'adoption à l'ONU d'une nouvelle résolution renforçant les sanctions contre Téhéran pour son refus de suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium, a pourtant ravivé les craintes d'escalade militaire, faisant flamber les cours du pétrole.
"L'issue que nous voulons, c'est la libération des marins britanniques, et une libération sans condition", a renchéri un porte-parole du ministère américain des Affaires étrangères, Tom Casey. "Nous voulons voir ceci résolu. Nous voulons voir ceci résolu de manière pacifique", a-t-il ajouté.
Mardi, le secrétaire américain à la Défense Robert Gates s'était déclaré ouvert à des échanges à "plus haut niveau" avec Téhéran. La récente conférence internationale sur l'Irak, à laquelle ont participé les Etats-Unis et l'Iran, "était un bon début vers une coopération améliorée et notre gouvernement est ouvert à des échanges à plus haut niveau", a dit M. Gates.
Il faisait référence à une conférence ministérielle sur l'Irak à laquelle la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, s'est d'ores et déjà dite prête à participer avec les chefs de diplomatie d'Iran et de Syrie, mais dont la date et le lieu sont encore incertains.
Malgré l'affaire des marins, "personne ne remet en cause cette idée" de conférence ministérielle, a affirmé mercredi Tom Casey. "Nous sommes prêts à y aller dès que les Irakiens seront prêts".
Washington n'a plus de relations diplomatiques avec Téhéran depuis 27 ans et refuse tout dialogue bilatéral avec l'Iran.
L'affaire des marins britanniques pourrait cependant remettre en cause cette réunion ministérielle car la Grande-Bretagne qui, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, devait participer à cette réunion, a gelé ses liens avec l'Iran.
"L'intention et l'idée actuelle est que cette réunion va se tenir", a assuré le porte-parole américain. "Mais la décision d'y participer ou non et à quel niveau reviendra à chaque pays individuellement". "Ce que nous espérons, c'est que les marins seront libérés avant", a-t-il ajouté.
Le département d'Etat avait indiqué à la mi-mars que cette réunion pourrait se tenir début avril. Mercredi, un responsable du ministère des Affaires étrangères a indiqué que la date serait certainement repoussée, non en raison de l'affaire des marins, mais parce que les participants n'ont pas d'accord sur la date ni le lieu.
"Pour le moment, nous partons du principe que cela va se produire, et que cela devrait se produire en avril", a ajouté ce diplomate ayant requis l'anonymat. Il a précisé que la date désormais envisagée se situait après Pâques, qui tombe le 8 avril.
Se gardant bien de parler des marins britanniques comme d'"otages", le diplomate a justifié le ton étonnamment mesuré de l'administration américaine sur cette affaire par le fait que les Etats-Unis voulaient s'assurer que leurs propos ne desserviraient pas leurs alliés britanniques.
"Vu nos relations très difficiles avec les Iraniens, nous voulons nous assurer que nous soutenons bien l'effort britannique et que nous ne le compliquons pas", a-t-il expliqué.
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| Publié le: 29/03/2007 à 12:04:15 GMT |
Source : AFP |
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