| Manifestations contre les violences et les discriminations en Asie |
| HONG KONG (AFP) - Le combat contre les violences et discriminations infligées aux femmes à travers le monde ont dominé mercredi en Asie les premières manifestations de la Journée internationale des femmes. |
Au Pakistan, une manifestation devait rasssembler juqu'à 5.000 personnes dans la ville très conservatrice de Multan (centre).
"Ce jour sera crucial car il réunira, pour la première fois, des hommes et des femmes dans un lieu connu pour ses discriminations et sa cruauté envers les femmes", s'est félicité Mukhtar Mai la porte-parole internationale de la cause des femmes au Pakistan, victime d'un viol collectif en 2002.
Mukhtar Mai, 33 ans, avait été violée sur les ordres d'un conseil tribal dans son village du Pendjab en punition d'une supposée relation que son jeune frère avait eu avec une femme d'un puissant clan local. Le silence reste la règle pour des centaines de femmes en Asie du Sud victimes de viols, de violences, voire de meurtres commis par leur famille ou des voisins qui les accusent d'avoir apporté la honte sur leur famille.
En Afghanistan, le président Hamid Karzai a ordonné pour l'occasion la libération d'un quart des 110 prisonnières détenues. Les femmes risquent la prison en cas d'adultère ou pour avoir tenté d'échapper à un mariage forcé. Malgré la chute du régime des talibans fin 2001, elles sont toujours victimes d'abus très répandus, du viol au meurtre en passant par les mariages forcés, selon la commission indépendante afghane des droits de l'homme (AIHRC).
En Inde, les mouvements de défense des droits de la femme estiment que des milliers de cas de viols ne sont pas dénoncés en raison de la crainte d'une éventuelle discrimination sociale. Selon les chiffres officiels, il y a eu plus de 16.000 viols en 2002.
En Indonésie, la journée internationale des femmes a coïncidé avec la publication d'un rapport faisant état d'une hausse inquiétante de 45% en 2005 des violences commises envers les femmes, a rapporté le Jakarta Post. De son côté, le régime stalinien de la Corée du Nord a profité de l'événement pour exhorter les femmes à faire bloc autour du "cher leader" Kim Jong-il et surtout à faire plus d'enfants.
"Les femmes doivent donner naissance à de nombreux d'enfants et les élever pour qu'ils deviennent des hommes et des femmes responsables capables de soutenir la nation (...)", a indiqué le Rodong Sinmun, l'organe officiel du pouvoir. Aucune manifestation particulière n'était prévue en Australie ou en Nouvelle-Zélande, où les femmes sont largement représentées en politique.
En Nouvelle-Zélande, le Premier ministre y est une femme, une autre dirige la Justice, une troisième la plus grande société du pays. Les femmes occupent en outre 32,2% des 121 sièges du Parlement. Pas de rassemblement notable non plus, au Japon où plus de 10.000 personnes sont descendues dans les rues de Tokyo mardi pour exprimer leur opposition au projet de réforme impérial, incluant la possible accession d'une femme au trône du Chrysanthème. En Chine, les femmes ont bénéficié d'une demi-journée de congé, comme depuis l'arrivée au pouvoir des communistes en 1949.
Malgré les règles et les quotas destinés à promouvoir la parité en politique en Chine, elles sont toujours largement écartées du pouvoir.
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| Publié le: 08/03/2006 à 12:27:25 GMT |
Source : AFP |
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