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Dossiers » Victoire des démocrates aux élections américaines Dossiers » Victoire des démocrates aux élections américaines
Malgré la "raclée" subie, Bush tend la main au vainqueur
Le président américain George W. Bush, lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, le 8 novembre 2006 (© AFP - Tim Sloan)
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WASHINGTON (AFP) - George W. Bush s'est efforcé de faire bonne figure mercredi au lendemain de sa première défaite électorale de président, en ironisant sur la "raclée" reçue et en tendant la main au vainqueur.
"C'est quoi ces têtes moroses?", a lancé M. Bush à la presse juste avant de livrer ses premiers commentaires sur les élections parlementaires de la veille, feignant d'ignorer que ses amis républicains avaient perdu la majorité à la Chambre des représentants et au Sénat.

M. Bush, qui avait remis la cravate et la veste après avoir mené campagne en bras de chemise, a retrouvé la gravité de rigueur pour prendre acte de la défaite de ses amis républicains, observer que beaucoup d'Américains avaient voté contre "le manque de progrès" accomplis en Irak et annoncer l'une de ses plus lourdes décisions des derniers mois: la démission de son secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, qui personnifiait la guerre.

Il est passé des félicitations aux vainqueurs à l'hommage au partant, "un conseiller écouté et un ami", en passant par l'expression de sa déception.

Il a redit que les Etats-Unis étaient en guerre, que sa première mission était de protéger les Américains contre les terroristes et que les soldats américains ne se retireraient d'Irak qu'"avec la victoire".

Mais, à l'heure de cohabiter avec une Chambre des représentants démocrates qui peut lui préparer deux dernières années de présidence difficiles, il a signifié que le moment était venu de passer à autre chose et peut-être même d'envisager un changement de politique en Irak, auquel il a résisté pendant des mois.

M. Bush a appelé à "mettre derrière nous cette élection et les querelles partisanes" pour ouvrir "une nouvelle ère de coopération et faire que ces deux prochaines années soient productives pour les Américains".

"J'ai confiance dans notre capacité à travailler ensemble", a-t-il dit.

Ainsi M. Bush ne tient pas rigueur à celle qui devrait devenir la nouvelle présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, qui l'a traité de menteur, de roi nu.

"Ce n'est pas mon premier rodéo", a plaisanté M. Bush, faisant à la fois allusion à ses attaches texanes et à son expérience des campagnes.

Et "si vous entretenez des rancunes dans ce métier, vous n'obtiendrez jamais aucun résultat. Et mon intention, c'est d'obtenir des résultats, et vite".

Pour preuve de ses bonnes dispositions à collaborer avec des démocrates pour lesquels il n'a pas montré beaucoup d'égards pendant six ans, M. Bush a tourné en dérision sa propre campagne, quand il se moquait de ces adversaires qui avaient déjà commencé à prendre les mesures pour leurs nouveaux bureaux avant même d'avoir gagné.

Son premier acte de président gouvernant avec les deux partis a consisté à donner à Mme Pelosi "les noms de quelques décorateurs d'intérieur républicains", quand il l'a appelée mercredi et l'a invitée à un déjeuner de travail à la Maison Blanche jeudi.

M. Bush a moqué sa propre confiance en la victoire: "Je pensais que nous ferions un bon résultat hier; ça vous montre l'étendue de mon savoir".

M. Bush a encore mis les rieurs de son côté par un trait décoché à son éminence grise Karl Rove. M. Rove mène dans leur compétition au nombre de livres lus: "Apparemment, je travaillais plus dur que lui pendant la campagne".

Les analystes politiques ne devraient pas tarder à poser la question de la faillite de M. Rove, qui passe pour l'architecte des victoires passées de M. Bush et des républicains, et à se demander si le trait de M. Bush mercredi était vraiment badin.

M. Bush a bien dû admettre l'ampleur de la défaite. Il a reconnu avoir sous-estimé le mécontentement provoqué par l'Irak. Circonscription par circonscription, l'élection "a été serrée. Mais l'effet cumulé n'a pas vraiment été serré; ça a été une raclée".

M. Bush a cependant clairement fait comprendre aux démocrates qu'avec la victoire venait pour eux la "responsabilité" de prendre leur part au pouvoir.

Publié le: 09/11/2006 à 06:25:09 GMT Source : AFP
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