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Le maintien de Hollande au sommet du PS, première pomme de discorde
Le premier secrétaire du PS, François Hollande, le 17 juin 2007 à Paris (© AFP - Martin Bureau)
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PARIS (AFP) - La bataille s'engage au PS entre ceux qui veulent donner un grand coup de balai au sommet du parti après la défaite des législatives, amortie par un bon second tour, et ceux qui s'accomodent du maintien du premier secrétaire François Hollande moyennant des signes clairs de changement.
Un Conseil national --CN, parlement du parti-- donnera samedi une indication des rapports de force entre les deux camps, composés chacun de sensibilités multiples.

François Hollande a en effet confirmé qu'il entendait rester en place jusqu'au prochain congrès, qu'il veut organiser "après les municipales" de mars 2008. Il a aussi annoncé qu'un vote sanctionnera le calendrier des travaux qu'il présentera au CN pour organiser la refondation du PS qui, dans son esprit, doit concerner toute la gauche.

Des "conventions thématiques" --celles de l'UMP ont nourri le projet de Nicolas Sarkozy-- ou des "états généraux" précèderaient des assises de la gauche, dans le but de "fédérer en une seule force l'ensemble de la gauche".

Dès lundi, sous l'influence de Pierre Mauroy, la puissante fédération du Nord, classée un peu hâtivement "ségoléniste", lui a renouvelé sa confiance pour la conduite du changement, dans le sillage de Lionel Jospin et de ses amis, partisans déclarés du maintien de M. Hollande jusqu'en 2008.

Cela alors que Ségolène Royal a fait savoir dès le résultat des législatives qu'elle serait "candidate au poste de premier secrétaire" du PS si son "projet de rénovation est majoritaire" au prochain congrès.

Le camp pro-Ségolène semble se partager en deux tendances: ceux qui, tel François Rebsamen, ex-directeur de campagne de Ségolène Royal, pensent que "tous ceux qui se précipitent font fausse route" et qu'il faut "prendre le temps d'analyser" la dernière séquence électorale. Selon le numéro 2 du parti, "rien ne peut se faire contre ou sans François Hollande".

A l'inverse, Julien Dray, autre proche de Mme Royal, estime que "c'est cette année que les choses doivent être clarifiées". Selon lui, la direction doit sans tarder "remettre les clés" de la maison socialiste.

De même, comme le député de la Nièvre Gaëtan Gorce, le jeune député-maire d'Evry Manuel Valls trouverait "inconcevable que (les socialistes) repartent pour 12 ou 18 mois avec le même dispositif", et réclame à cor et à cri "une direction collégiale" sans M. Hollande, en fonction depuis dix ans. "Je ne participerai pas à un processus qui conduirait inévitablement à l'immobilisme", ajoute-t-il.

Les strauss-kahniens ont mis de l'eau dans leur vin. Plus question de demander la tête du numéro un socialiste, comme le fit Jean-Marie Le Guen il y a un mois. Aujourd'hui, en échange d'"un vrai renouvellement des cadres du PS" dès le week-end prochain, le député de Paris "prend acte que, juridiquement, François Hollande veut" rester en place.

Les amis de DSK insistent aussi sur la refondation idéologique du parti, tout comme ceux de Laurent Fabius qui défendent toutefois une orientation bien plus solidement ancrée à gauche. Claude Bartolone, proche de l'ex-Premier ministre, préconise de mettre "en place dès samedi prochain un comité pour la refondation du PS sur des base économiques et sociales" incluant M. Hollande.

Les trentenaires proches de MM. Fabius et Strauss-Kahn --une quinzaine de chaque côté-- devaient dîner ensemble lundi soir pour parler de "la relève générationnelle" et entamer un dialogue idéologique, selon Laurent Baumel (strauss-kahnien). Un signe peut-être précurseur des "cent fleurs" au PS.

Publié le: 18/06/2007 à 16:12:52 GMT Source : AFP
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