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Mai 1968: le mouvement social le plus massif qu'ait connu la France
Des ouvriers de Citroën en grève générale écoutent un syndicaliste de la CGT, le 24 mai 1968 place Balard à Paris (© AFP/archives - Jacques Marie)
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PARIS (AFP) - La France a connu en mai 1968, non seulement une révolte étudiante, mais aussi, dans les entreprises, une grève générale de plusieurs semaines, la plus massive de son histoire, avec à la clef de fortes hausses de salaires et une empreinte durable sur le syndicalisme.
Le contexte social est loin d'être serein dans la période qui précède. La croissance économique exceptionnelle, proche de 6% par an (hors hausse des prix) s'accompagne d'une organisation quasi-militarisée dans les usines, et de fortes inégalités: le salaire minimum, qui concerne toutefois beaucoup moins de salariés que maintenant, est l'équivalent du RMI actuel.

L'année 1967 est ainsi émaillée de nombreux conflits sociaux, comme à Dassault, Rhodia, Berliet ou aux Chantiers de l'Atlantique. Selon un responsable cégétiste, on compte 350 arrêts de travail à Renault Billancourt durant les quatre premiers mois de 1968.

L'explosion de mai est d'une ampleur incomparable, avec sept à dix millions de grévistes, selon les diverses estimations, alors qu'il n'y en avait qu'environ deux millions après la victoire du Front populaire en 1936.

Si le mouvement étudiant constitue un détonateur aux grèves et surtout aux occupations d'usines, les relations entre ses représentants et les dirigeants syndicaux, particulièrement de la CGT, sont difficiles.

Les seconds se méfient du "gauchisme" des premiers et ceux-ci leur reprochent, comme aux partis de gauche, de ne pas s'appuyer sur les grèves pour s'attaquer à un pouvoir gaulliste qui paraît un temps vacillant.

Les négociations de Grenelle débouchent sur des résultat refusés sur le moment par les grévistes, mais à faire pâlir d'envie les syndicalistes d'aujourd'hui: 35% d'augmentation du Smig (qui se transformera ensuite en Smic) et 10% pour l'ensemble des salaires.

Les formes de luttes adoptées durant le mouvement, et les revendications, qui débordaient souvent le seul cadre salarial pour s'attaquer à l'organisation même du travail, ont marqué le syndicalisme dans la décennie suivante, avec le thème symbolique de l'autogestion défendue par la CFDT.

Mais l'irruption d'un chômage de masse à la fin des années 70, mettant fin à une expansion économique repartie de plus belle après les événements de 1968, va changer la donne. La "galère" sur le marché du travail, particulièrement pour les jeunes, devient la préoccupation dominante.

Publié le: 19/04/2008 à 09:02:36 GMT Source : AFP
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