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Dossiers » Ingrid Betancourt retrouve ses proches Dossiers » Ingrid Betancourt retrouve ses proches
Des larmes des retrouvailles après plus de six ans de cauchemar
Ingrid Betancourt et sa fille Mélanie Delloye le 3 juillet 2008 à Bogota (© AFP - Mauricio Duenas)
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BOGOTA (AFP) - Les larmes de Mélanie Delloye, la fille de l'ex-otage Ingrid Betancourt coulent malgré elle alors que l'avion approche de Bogota. Sur le tamac de la base militaire de Catam, l'attend sa mère qu'elle n'a pas vue depuis son enlèvement par la guérilla marxiste des Farc en 2002.
Le président Nicolas Sarkozy qui a fait d'Ingrid Betancourt une cause nationale, a dépêché le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner ainsi que son médecin chef pour venir chercher l'ex-otage, libérée mercredi par les forces spéciales colombiennes.

Sans voix, Mélanie Delloye, 22 ans, ne lâche pas la main de son frère Lorenzo, 19 ans, tout en étant blottie contre son père Fabrice. "Cela fait six ans et demi que j'attends ce moment. Je vais lui dire que je l'aime", murmure Lorenzo Delloye.

"Ca y est ! on arrive ! regardez", dit Fabrice Delloye, sur un ton protecteur et rassurant. En bas, le ministre colombien des Affaires étrangères Fernando Araujo attend aux côtés d'Ingrid Betancourt, de son mari Juan Carlos Lecompte et de sa mère Yolanda Pulecio.

Le silence s'installe. Chacun tente par les hublots d'apercevoir Ingrid Betancourt. L'avion à peine posé, l'ancienne candidate à la présidentielle se précipite. Elle escalade la passerelle pour retrouver ses enfants, sa soeur Astrid, ses neveux, et son ex-mari.

Mélanie avait déjà anticipé tous les gestes de sa mère. "Je sais que maman nous attendra à la passerelle. Elle était toujours la première à nous attendre à la sortie des passerelles d'avion lorsqu'on la rejoignait", avait assuré Mélanie quelques heures avant l'atterrissage.

Les retrouvailles se font en haut de la passerelle, à l'abri des regards des journalistes étrangers présents et des caméras. Mais les larmes de joie continuent de couler lorsque l'ex-otage redescend, ses deux enfants accrochés au cou.

"Je remercie Dieu pour ce moment, ce sont mes tout petits, ma fierté, ma raison de vivre, ma lumière, ma lune, mes étoiles, pour eux j'ai eu envie de sortir de la jungle, pour les revoir", s'enflamme Ingrid Betancourt, dans un état euphorique malgré une nuit sans sommeil.

"Retrouver mes enfants à l'âge adulte alors que je les ai quittés enfants, est un choc. Je me sens toute petite à côté d'eux", dira-t-elle ensuite dans les salons de la base militaire.

Puis, elle se lance dans un vibrant appel "pour la paix et la réconcilation en Colombie", retrouvant les accents de l'ex-candidate à la présidentielle, qu'elle avait au moment de son enlèvement par les Farc le 23 février 2002.

"La première chose que nous devons faire est un appel au président (vénézuélien Hugo) Chavez et au président (équatorien Rafael) Correa pour qu'ils nous aident à rétablir des liens d'amitiés, de fraternité, de confiance avec leur homologue Alvaro Uribe", dit-elle.

"C'est une étape essentielle pour parvenir à de nouvelles libérations unilatérales des Farc", poursuit-elle, alors que les relations sont tendues entre M. Uribe, allié fidèle de Washington, et ses voisins de gauche.

Elle appelle aussi la présidente de gauche argentine Cristina Kirchner comme d'autres dirigeants de la région "à aider à la libération des autres otages".

Ingrid Betancourt, 46 ans, confirme à la presse française qu'elle va rentrer à Paris à bord de l'avion présidentiel de Nicolas Sarkozy.

"J'ai hâte d'être en France, j'ai hâte d'être chez moi". "Je voudrais embrasser l'ex-président (Jacques) Chirac et mon ami de toujours, Dominique de Villepin (l'ancien Premier ministre), qui s'est battu pour les otages, pour nous tous", a-t-elle déclaré.

"Je veux aussi embrasser le président (Nicolas) Sarkozy pour lui dire que je l'admire".

Publié le: 03/07/2008 à 18:53:41 GMT Source : AFP
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