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Lait, distribution, PAC: des dossiers "chauds" pour le nouveau ministre de l'Agriculture
Le nouveau ministre de l'agriculture, Bruno Le Maire, arrive à l'Elysée pour le Conseil des ministres, le 24 juin 2009 (© AFP - Gérard Cerles)
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PARIS (AFP) - Le nouveau ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, va devoir traiter en urgence plusieurs dossiers difficiles, comme celui du lait, pour calmer la colère des agriculteurs, mais aussi tenter de défendre à Bruxelles une politique agricole commune chère à la France, mais contestée.
Comme son prédécesseur Michel Barnier, qui avait dû gérer dès son arrivée le désarroi des pêcheurs d'anchois, interdits de pêche en raison du manque de poissons, le nouveau ministre de l'Agriculture et de la Pêche, qui est aussi désormais officiellement ministre de l'Alimentation, va devoir faire tout de suite connaissance avec un secteur agricole en crise quasi permanente.

Ancien secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, M. Le Maire est un habitué des arcanes bruxellois. Cette expérience devrait l'aider à défendre la position de la France en faveur du maintien d'une politique agricole commune (PAC), dont le prochain budget va être négocié à partir de 2010.

La FNSEA, principal syndicat agricole, a, dès l'annonce de la nomination de M. Le Maire, prévenu qu'il ne bénéficierait ni de "temps mort", ni "d'état de grâce" pour traiter les "dossiers chauds et difficiles" qui l'attendaient.

Conflit le plus récent, celui qui a opposé à la mi-juin les agriculteurs à la grande distribution, accusée de pratiquer des marges excessives. Pour manifester leur colère, les paysans ont bloqué pendant un à deux jours des centres d'approvisionnement de grandes surfaces.

Le gouvernement a réussi à apaiser leur exaspération en leur promettant des contrôles sur les prix, assortis d'éventuelles "sanctions". Des groupes de travail ont été créés pour établir notamment un bilan du volet distribution de la loi de modernisation de l'économie (LME).

Autre dossier urgent: le lait. Depuis des mois, les producteurs sont confrontés à une chute brutale des prix, due en grande partie à la crise, mais aussi à une surproduction mondiale.

Les producteurs souhaitent un relèvement des prix. Les industriels refusent, arguant que les tarifs pratiqués en France sont déjà supérieurs à ceux en vigueur dans les pays concurrents.

Un accord a été conclu sous la pression du gouvernement début juin, sans pour autant apaiser les producteurs qui ont poursuivi leurs actions sur le terrain. Un réexamen de l'accord est prévu en septembre.

Le dossier du lait ne concerne pas les seuls éleveurs français. Aux côtés de nombreux autres producteurs européens, ils demandent que Bruxelles revienne sur sa décision de supprimer progressivement les quotas laitiers.

Pour l'heure, la Commission européenne fait la sourde oreille, mais les cartes pourraient être rebattues lors de la désignation de ses prochains membres.

La France veut "maintenir des régulations, des systèmes de maîtrise des productions", comme l'a rappelé lundi à Bruxelles M. Barnier devant ses homologues européens.

Tous ne sont pas acquis à ce credo. M. Le Maire aura pour mission de les convaincre. Les débats "seront très tendus", a déjà prévenu M. Barnier.

La FNSEA, la Confédération nationale et la Coordination rurale (CR), les principaux syndicats agricoles, se félicitent tous de l'expérience européenne de M. Le Maire et de sa proximité avec l'Allemagne.

CR espère que ce dernier point "lui permettra d'être le ministre de la reconstruction d'une véritable et ambitieuse politique agricole commune européenne".

Pour la Confédération, le fait que M. Le Maire ne soit pas un "spécialiste" de l'agriculture ne pose pas de problème. En revanche, le syndicat l'attend sur le "problème urgent" du lait.

Publié le: 24/06/2009 à 15:12:39 GMT Source : AFP
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