| A Klaten, des centaines de blessés attendent les "French doctors" |
| KLATEN (AFP) - A l'hôpital de Klaten où une équipe médicale française est arrivée mardi, plusieurs centaines de victimes du tremblement de terre de samedi sont alignées à même le sol dans l'attente de soins. |
Aux alentours, rien pourtant ne laisse à penser qu'un séisme a tué près de 2.000 personnes dans le seul district de Klaten, et plus de 5.400 au total selon le dernier bilan. A proximité de l'hôpital, peu de maisons sont endommagées, le trafic routier s'écoule normalement et les vendeurs ambulants attendent le client à l'ombre.
Mais à peine passé le grand porche de l'hôpital et ses longs couloirs extérieurs, les blessés, venus d'un rayon de 50 km, sont allongés sur des nattes, dans de vastes salles communes.
Tout au fond, ils sont près de 150, vieilles femmes et enfants pour la plupart, accompagnés de parents, à s'entasser dans une pièce sans air, surchauffée. On a découpé le plafond pour suspendre des perfusions aux poutres métalliques.
"Le premier jour, nous avons reçu 900 blessés, les couloirs, les salles étaient saturées, on ne pouvait pas marcher", explique le directeur de l'hôpital, le Dr Arif Faisal. "Aujourd'hui, ça va un peu mieux, il restait 363 blessés ce matin, victimes de fractures ouvertes des membres ou de traumatismes crâniens, mais il continue à en arriver".
Le Dr Faisal continue ensuite à dresser l'état des lieux avec Anouar Benhellal, médecin urgentiste, chef de la mission médicale française, partie dimanche d'Istres (sud) à bord d'un C130, arrivée lundi soir à Surabaya après 20 heures de vol et qui a rallié dans la nuit Klaten, à 350 km, après 8 heures de route.
Avec 20 médecins et autant d'infirmiers, pour moitié du personnel relevant du ministère de la Santé et pour moitié de la Protection civile, des pompiers du sud-est de la France, l'équipe devait se mettre aussitôt au travail mardi.
"C'est un hôpital bondé qui reçoit plus de deux fois sa capacité", constate M. Benhellal. "Nous allons nous répartir d'abord au niveau des urgences et tenter d'augmenter le nombre d'opérations, car même si le tremblement de terre a eu lieu il y a trois jours, on est encore dans l'urgence avec des victimes de lourds traumatismes qui n'ont pas encore été prises en charge", ajoute-t-il.
L'équipe venue avec peu de fret, 9 tonnes, essentiellement du matériel médical et chirurgical, va aussi poursuivre l'évaluation des besoins sur toute la région. "Apparemment, les autres hôpitaux de la région sont également pleins, nous n'écartons pas l'idée de faire venir de Paris une équipe chirurgicale", ajoute le chef de mission.
"Les French doctors sont très attendus car nous travaillons sans arrêt depuis trois jours", confie Anike Alhambra, médecin indonésienne pour qui l'une des causes de l'engorgement, "c'est que certains patients soignés pourraient partir, mais ils n'ont plus rien, or ici la nourriture et l'eau sont gratuites".
"Moi je n'ai plus de maison, je veux qu'on m'aide, qu'on me donne du riz et de l'argent. Je me fiche des médecins français", confirme Prurit, vieille dame de 66 ans, victime d'une double fracture de la jambe, et dont une infirmière, gênée, hésite à traduire les propos.
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| Publié le: 30/05/2006 à 09:49:50 GMT |
Source : AFP |
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