| Des jihadistes préfèrent se suicider plutôt que se rendre à la police |
| RABAT (AFP) - Le suicide des jihadistes marocains au moment de se faire arrêter à Casablanca semble montrer, selon les analystes, qu'ils ont reçu la consigne de se donner la mort plutôt que de tomber aux mains de la police. |
"Cela fait deux fois que le même scénario se produit. Pour éviter l'incarcération, des salafistes jihadistes préfèrent se donner la mort en actionnant leurs ceintures d'explosif qu'ils portent sur eux", a affirmé à l'AFP Mohamed Darif, spécialiste de l'islamisme marocain.
Le 11 mars, Abdelfettah Raydi avait trouvé la mort en actionnant des explosifs qu'il transportait sur lui, quand le propriétaire d'un cybercafé avait tenté de l'arrêter. L'explosion avait blessé son complice présumé, Youssef Khoudri ainsi que trois clients du café internet.
"Il semble qu'ils appliquent des consignes en ce sens données à ses partisans par le +numéro deux+ d'al Qaïda Aymane al-Zawahari", a ajouté M. Darif.
Pour ce politologue, "il est difficile d'imaginer que ces groupes n'aient pas de liens directs ou indirects avec l'étranger, non seulement idéologiquement mais logistiquement".
"Mais ce qui est frappant c'est qu'ils donnent le sentiment d'avoir perdu le contact avec les +coordonnateurs+ qui se trouvent au Maroc ou à l'extérieur", constate-t-il.
"Cette coupure s'explique par le fait que les messagers chargés des contacts ont été arrêtés, se cachent et qu'ils ne transmettent plus les instructions des chefs. Ces groupes sont donc livrés à eux-mêmes", souligne-t-il.
Pour le parquet, qui a inculpé 31 personnes dans le cadre de l'enquête sur l'explosion du 11 mars, les deux terroristes ne visaient pas le cybercafé où il y a eu la déflagration, mais étaient venus chercher des consignes.
"Ils n'avaient pas l'intention d'attaquer le cybercafé, où ils s'étaient rendus dans le cadre des contacts que les membres de la cellule entretenaient via internet", estime la justice qui pense que l'un d'eux a actionné sa ceinture en voyant qu'il allait se faire arrêter.
Par ailleurs, le parquet est convaincu que le groupe est purement marocain sans relation avec l'étranger. "Il s'agissait d'une organisation terroriste en cours de formation, financée par des Marocains dans le but de perpétrer des attentats contre le port de Casablanca (...) et plusieurs commissariats de police de la ville", a précisé cette source.
Pour un autre analyste, Mohamed Tozi, "c'est le prolongement de l'impact généré par l'annonce médiatique de la création de la section d'Al Qaïda pour le Maghreb. C'est un appel sous les drapeaux et des groupes qui étaient en latence veulent répondre à la conscription".
"Mais je constate à la fois une incroyable détermination de ces jihadistes prêts au suicide et en même temps une grande faiblesse organisationnelle et logistique", note ce professeur de sciences politiques et de sociologie à l'université Hassan II de Casablanca.
"C'est à la fois inquiétant et rassurant. Inquiétant car on peut se dire que s'ils améliorent leur structure ils peuvent devenir très dangereux et rassurant car je constate qu'ils ont beaucoup de mal à se fondre dans la société, ce qui les obligent à se terrer", constate-t-il.
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| Publié le: 11/04/2007 à 15:24:39 GMT |
Source : AFP |
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