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Pour Jane Campion, l'industrie du cinéma ne fait pas confiance aux femmes
La Néo-Zélandaise Jane Campion (G) au côté de la comédienne australienne Abbie Cornish, le 15 mai 2009 à Cannes (© AFP - Valery Hache)
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CANNES (AFP) - La Néo-Zélandaise Jane Campion, l'une des trois réalisatrices en compétition pour la Palme d'or au Festival de Cannes, a déploré vendredi la difficulté pour les femmes d'accéder au financement des studios, dans une industrie du cinéma encore très majoritairement masculine.
Célèbre pour ses beaux portraits de femmes - Ada dans "La leçon de piano" qui a remporté la Palme d'or en 1993 et plusieurs Oscars l'année suivante, Kay dans "Sweetie", Jane dans "Un ange à ma table"... - Jane Campion est de retour sur la Croisette avec "Bright star", récit des amours du poète John Keats.

"J'aimerais voir davantage de femmes cinéastes, parce qu'elles ont donné naissance à la Terre entière", a lancé, lors d'une conférence de presse, la cinéaste âgée de 55 ans.

"Ce qui intéresse les femmes m'intéresse beaucoup. Tant que les films ne seront pas écrits et tournés par elles, nous n'aurons jamais une vision complète des choses", a-t-elle poursuivi.

Selon Jane Campion, cette faible présence des femmes s'explique par l'existence d'un "plafond de verre" qui les empêche d'accéder aux financements.

"Le système des studios est dans les mains d'hommes d'âge mûr, à qui il est difficile de faire confiance aux femmes. Ils se disent +Nous, on sait comment ça marche !+" a-t-elle lancé d'une voix masculine, suscitant des rires.

"Dans les écoles de cinéma du monde entier, vous trouverez 50% de garçons et 50% de filles, mais ensuite ça n'a plus rien à voir".

La réalisatrice britannique Andrea Arnold, l'une des premières à dévoiler son film "Fish Tank" jeudi, a elle aussi déploré, dans un entretien à l'AFP, la faible proportion de femmes derrière la caméra.

"Si vous êtes physiquement différent, vous avez forcément des expériences différentes, ce qui vous rend émotionnellement différent : cela a une grande influence sur la façon dont on voit le monde", a-t-elle fait remarquer.

"Presque tout ce que nous recevons tout au long de la vie est pensé majoritairement par des hommes. Les femmes ont beau représenter la moitié de l'Humanité, leur voix n'est pas entendue", a estimé Andrea Arnold.

"Mais je ne veux pas faire partie d'un club ou réclamer de quelconques faveurs, je veux simplement travailler, faire des films", a-t-elle dit.

Sur les 20 films en compétition lors de cette édition (13-24 mai), trois sont signés par des femmes: "Bright star", "Fish Tank" et "Map of the sounds of Tokyo" de l'Espagnole Isabel Coixet.

Une dizaine de femmes sont en sélection officielle, parmi lesquelles l'Israélienne Keren Yedaya, les Françaises Anne Aghion ("Mon voisin, mon tueur"), Marina De Van ("Ne te retourne pas), Mia Hansen-Love ("Le père de mes enfants"), Fanny Ardant ("Cendres et sang") et Ounie Lecomte ("Une vie toute neuve").

Avec environ un film sur cinq signé par une cinéaste, c'est la sélection la plus féminisée.

De son côté la Quinzaine des réalisateurs présente les films de Cheerien Dabis, Lynn Shelton, Axelle Ropert, Liu Jia Yin et Tizza Covi (co-auteur de "La Pivellina") soit 5 films sur 24, et rend un hommage à la Japonaise Naomi Kawase qui a reçu un prix, le Carrosse d'or, récompensant sa carrière.

Enfin 48e Semaine de la critique, plus ancienne section parallèle du festival, montre cette année "Lost persons area" le premier film de Caroline Strubbe et "Altiplano", co-signé par Jessica Woodworth.

Publié le: 15/05/2009 à 15:23:05 GMT Source : AFP
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