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L'Italie à l'épreuve d'une croissance atone et d'un moral en berne - Dossiers News, Informations, Maroc, Monde, Politique, Economie, Finances, Proche Orient, Sport
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L'Italie à l'épreuve d'une croissance atone et d'un moral en berne
L'écnomie italienne sous Prodi (© AFP - Sophie Ramis)
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MILAN (Italie) (AFP) - Ralentissement de la croissance, compétitivité mal en point, perte de confiance dans les institutions, montée de l'antipolitique: c'est une Italie en proie à un profond malaise qui se rend aux urnes les 13 et 14 avril.
Le choix de Milan pour organiser l'Exposition universelle 2015 a redonné un peu d'optimisme à l'Italie et lui a donné l'occasion de montrer son unité et son dynamisme alors que le pays souffre de l'image déplorable renvoyée par la crise des ordures à Naples ou l'agonie d'Alitalia.

Mais à court terme, le nouveau gouvernement va devoir affronter une conjoncture très morose, marquée par un brusque ralentissement de la croissance à seulement +0,6% du PIB pour l'année, après +1,5% l'an dernier, selon le ministère de l'Economie.

"La faiblesse de la croissance est due à une carence d'infrastructures, une dépendance énergétique abyssale, une fiscalité inadaptée et des dépenses publiques élevées et peu efficaces", résume Alberto Quadrio Curzio, professeur d'économie à l'Université catholique de Milan et éditorialiste à Il Sole 24 Ore.

Pour relancer la croissance, "un accord bipartisan sera nécessaire après les élections sur ces points essentiels", dit-il à l'AFP, soulignant la similitude des programmes des deux camps sur la baisse de la fiscalité et des dépenses publiques et les efforts sur les infrastructures.

La faiblesse de la croissance italienne comparée aux autres économies européennes se fait encore plus douloureusement sentir dans les années de vache maigre.

Malgré une situation des comptes publics en amélioration depuis 2 ans, le futur gouvernement disposera de marges de manoeuvres inexistantes avec un déficit public prévu de 2,4% cette année et une dette attendue à 103% du PIB.

Il devra aussi s'attacher à combler le fossé qui sépare schématiquement le nord du sud du pays, l'industrie de certains secteurs des services, d'autant plus que "les départs des travailleurs qualifiés du sud vers le nord ont repris, accentuant ce fossé", souligne le professeur Quadrio Curzio.

Aux perspectives internationales peu engageantes, s'ajoute une situation difficile pour les ménages qui affichent un moral en berne, leur indice de confiance calculé par l'Institut Isae ayant touché en mars son plus bas niveau depuis 4 ans.

Le chômage est pourtant au plus bas (6,6% au dernier trimestre 2007) mais sa baisse s'est ralentie en fin d'année.

Les difficultés économiques alimentent un sentiment diffus de perte de statut et se doublent d'une défiance croissante envers les institutions.

Un peu plus de la moitié des Italiens (51,4 %) estiment que leur situation économique personnelle s'est aggravée contre 36,1 % en mars 2006, selon un sondage de l'institut Demos-coop publié fin mars.

"Le sentiment du déclin est un sentiment partagé qui limite la projection dans l'avenir, obscurcit l'horizon, influence les attitudes envers la politique et les institutions", a commenté le sociologue Ilvo Diamanti à l'occasion de ce sondage, dans le journal La Repubblica.

La cote des institutions est au plus bas et le livre "La Caste" de deux journalistes du Corriere della Sera sur les dérives de la classe politique a remporté un succès retentissant, avec plus d'un million d'exemplaires vendus depuis sa parution en mai 2007.

La société et la classe politique ressemblent de plus en plus "à un couple séparé qui vit dans la même maison", commentait récemment le président de l'institut d'études politiques Eurispes, Gian Maria Fara.

Publié le: 12/04/2008 à 08:45:34 GMT Source : AFP
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