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Italie: Berlusconi attendu sur sa recette pour une économie mal en point
L'économie italienne sous Prodi (© AFP/Infographie)
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MILAN (AFP) - Pour son retour au pouvoir, Silvio Berlusconi se retrouve confronté au redressement d'une économie italienne en grande difficulté, sans marge de manoeuvre financière, et au dossier brûlant d'Alitalia mais les économistes doutent de sa volonté de réforme.
"La priorité est le retour de la croissance et la mise en oeuvre de réformes différées depuis 10 ans. Sinon, le pays succombera au jeu des accusations et des mauvais coups", déclare à l'AFP l'économiste Giacomo Vaciago, professeur à l'université catholique de Milan.

Pour y parvenir, le chef de la droite italienne devra poursuivre les libéralisations des services lancées par le précédent gouvernement, modifier la politique fiscale et simplifier le fonctionnement des institutions, souligne-t-il.

"L'Italie souffre d'une mauvaise gouvernance qui implique pour toute décision l'accord de chaque autorité, c'est le meilleur moyen pour ne rien faire et cela aboutit à des situations comme la crise des déchets de Naples", ajoute le professeur.

Le diagnostic sur la panne de croissance est unanimement partagé par les économistes. Le gouvernement sortant prévoit une hausse de 0,6% du PIB cette année, qui place l'Italie en queue de peloton européen, mais la mise en oeuvre des réformes laisse place au doute.

"Le message de Silvio Berlusconi n'est pas clair", souligne à l'AFP Marco Valli, chef économiste d'Unicredit pour l'Italie.

"Les promesses de réduction de la fiscalité sont trop ambitieuses, à moins d'une révolution sur le front de la réduction des dépenses publiques, mais ce n'est pas acquis étant donné l'expérience du précédent gouvernement Berlusconi", ajoute-t-il.

Les rentrées fiscales sont encore bonnes mais "il est extrêmement important que le nouveau gouvernement fasse de la lutte contre l'évasion fiscale une priorité", selon lui.

"S'il est moins rigoureux sur ce front, il se privera d'importantes ressources et risque de se retrouver comme en 2001 face à un écroulement de la croissance et des recettes fiscales", avertit M. Valli.

En 2007, le gouvernement de Romano Prodi a ramené le déficit public italien à 2%, en particulier grâce à la lutte contre la fraude fiscale, après plusieurs années au dessus du seuil des 3% fixé par Bruxelles.

"Le programme de la droite est plus axé sur la croissance que sur les comptes publics. Le problème est que les marges de manoeuvre sont limitées et que l'Italie est très dépendante du contexte international", souligne Paolo Mameli, économiste d'Intesa Sanpaolo.

En outre, Silvio Berlusconi n'a pas spécifié comment il financera les baisses d'impôts promises et son bilan sur la lutte contre l'évasion fiscale "n'est pas brillant", ajoute-t-il.

Parallèlement, le nouveau gouvernement va devoir reprendre le dossier brûlant d'Alitalia, la compagnie menacée d'une disparition rapide.

"Nous ferons le nécessaire et le service pour les passagers sera assuré", a affirmé mardi M. Berlusconi.

Le chef de la droite a laissé entendre pendant toute la campagne électorale qu'il avait en réserve une alternative à la reprise par Air France-KLM via l'appel aux fonds des entrepreneurs italiens.

Si le plan Air France-KLM échoue, la solution promise par M. Berlusconi sera rapidement mise à l'épreuve des faits, Alitalia n'ayant les moyens de survivre que quelques semaines.

Publié le: 15/04/2008 à 12:57:43 GMT Source : AFP
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