| L'Iran ne cédera pas, déclare son président Ahmadinejad |
| TEHERAN (AFP) - Le président ultraconservateur iranien Mahmoud Ahmadinejad a une nouvelle fois rejeté vendredi la demande du Conseil de sécurité de suspendre les activités d'enrichissement d'uranium de l'Iran, qui selon lui va "rapidement devenir une superpuissance mondiale". |
M. Ahmadinejad a ajouté que le peuple iranien n'accordait aucune importance à une éventuelle résolution du Conseil de sécurité de l'Onu.
"L'acquisition par la nation iranienne d'une énergie nucléaire pacifique est tellement importante qu'elle pourrait changer la donne mondiale", a déclaré M. Ahmadinejad lors d'une visite dans la province septentrionale de Zanjan. "La République islamique d'Iran a la capacité de devenir rapidement une superpuissance mondiale", a poursuivi le président, cité par les médias. "Si nous croyons en nous-mêmes (...) aucune autre puissance ne peut être comparée à nous".
"Nous n'avons pas besoin d'armes ou d'expéditions militaires parce que notre position dans le monde est devenue plus forte", a-t-il dit alors que le délai donné par le Conseil de sécurité de l'Onu à l'Iran pour suspendre son enrichissement d'uranium expire ce vendredi. "Ceux qui essaient de priver le peuple iranien de son droit par ce genre de méthode (saisine du Conseil de sécurité) doivent savoir que les Iraniens se fichent de ce type de résolution", a ajouté M. Ahmadinejad, selon l'agence Irna.
"Bientôt, nous allons annoncer au peuple de bonnes nouvelles sur les succès scientifiques des jeunes iraniens", a déclaré par ailleurs le président, selon l'agence Isna. Début avril, il avait déjà parlé de bonne nouvelle avant de révéler que l'Iran avait réussi à enrichir l'uranium à 3,5%. "Aujourd'hui, M. ElBaradei doit rendre son rapport (...) S'il est négatif, ce sera une injustice", a déclaré par ailleurs l'ancien président Akbar Hachémi Rafsandjani, lors de la prière du vendredi de Téhéran.
"Ils ne peuvent pas ordonner l'arrêt du progrès scientifique en Iran. La technologie nucléaire et celle de l'enrichissement d'uranium sont devenues une science indigène, vous ne pouvez pas nous (en) priver", a-t-il déclaré. "Je vous conseille de ne pas créer des problèmes à l'Iran et à la région. Acceptez de négocier sérieusement car les Iraniens veulent créer la confiance et (...) travailler dans un climat de transparence", a-t-il affirmé, avant d'ajouter que l'Iran "n'avait pas de but militaire".
Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed ElBaradei, doit remettre ce vendredi au Conseil de sécurité un rapport qui devrait conclure que Téhéran n'a pas suspendu l'enrichissement d'uranium. L'enrichissement d'uranium sert à fabriquer du combustible nucléaire pour les centrales nucléaires civiles mais les Etats-Unis et les pays européens soupçonnent l'Iran de vouloir utiliser cette technologie pour enrichir l'uranium à des fins militaires.
Réunis à Sofia pour une réunion ministérielle de l'Otan, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice et le ministre français des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy ont appelé le Conseil de sécurité à agir rapidement et avec fermeté face au refus de l'Iran de se plier à ses exigences sur son programme nucléaire. Ni l'un ni l'autre n'a prononcé le mot de "sanctions" mais Mme Rice a appelé récemment à adopter une résolution selon le Chapitre VII de la Charte de l'Onu, qui ouvre la voie à des sanctions diplomatiques, économiques, voire une opération militaire.
Le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a estimé de son côté que la "voie diplomatique" était la seule solution pour résoudre la crise sur le programme nucléaire iranien. La Russie et la Chine se sont toujours déclarées hostiles à des sanctions économiques contre l'Iran.
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| Publié le: 28/04/2006 à 11:26:14 GMT |
Source : AFP |
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