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Irak: après la victoire démocrate, les Américains attendent du changement
Un soldat américain sur le lieu d'un attentat à la voiture piégée, le 9 novembre 2006 à Bagdad (© AFP - Wisam Sami)
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WASHINGTON (AFP) - Après la victoire de l'opposition démocrate aux élections parlementaires, les Américains attendent un changement de politique sur l'Irak, la démission du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld étant perçue comme un premier pas dans cette direction.
Confronté à une cohabitation difficile avec les démocrates pendant les deux dernières années de son mandat, George W. Bush s'est dit jeudi "ouvert à toutes les idées et toutes les propositions" sur l'Irak.

Quelques jours avant le scrutin, le président américain défendait encore fermement sa stratégie actuelle. "Notre objectif en Irak, c'est la victoire", proclamait-il.

Et il accusait les démocrates, qui appelaient à un changement de cap, de n'avoir aucun plan de sortie et de vouloir retirer piteusement d'Irak les quelque 150.000 soldats américains en abandonnant les Irakiens à leur sort.

"L'Irak constitue le front central de la guerre contre le terrorisme", ne cessait de répéter le président, qui refusait d'évoquer un changement de politique, préférant envisager des "ajustements" tactiques.

La défaite de son parti, qui a perdu le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat, a marqué l'échec de cette stratégie qui consistait à lier le dossier irakien à la "guerre contre le terrorisme" et au réseau Al-Qaïda.

"Je pensais que (...) les Américains comprendraient l'importance des impôts et l'importance de la sécurité", a expliqué M. Bush au lendemain du scrutin.

La première sanction est immédiatement tombée. M. Bush s'est séparé de son très controversé secrétaire à la Défense, symbole de l'échec irakien et dont la démission était réclamée depuis des mois par les démocrates et plusieurs généraux à la retraite.

Mais M. Bush s'est gardé de parler de changement de cap en Irak, préférant évoquer la nécessité d'une "nouvelle perspective".

Le remplaçant de Donald Rumsfeld, Robert Gates, ancien directeur de la CIA (sous la présidence de George Bush père au début des années 1990), est présenté comme un pragmatique, capable d'écouter les conseils des militaires. En quelque sorte l'antithèse de son prédécesseur, accusé d'arrogance et d'autoritarisme.

Sa priorité sera le dossier irakien, sur lequel il sera jugé. "Le départ de M. Rumsfeld doit être suivi par un changement majeur de politique pour pouvoir ramener les troupes américaines à la maison sans laisser derrière elles une catastrophe", écrivait jeudi le New York Times dans un éditorial.

Robert Gates fait partie de la commission spéciale sur l'Irak présidée par un autre proche du père de l'actuel président, l'ancien secrétaire d'Etat James Baker, et composée de cinq républicains et cinq démocrates.

Selon les informations qui ont filtré il y a quelques semaines, cette commission pourrait proposer des changements majeurs dans la stratégie américaine, dont un retrait graduel des troupes américaines et des discussions avec l'Iran et la Syrie, pays voisins de l'Irak.

Les conclusions de cette commission sont attendues dans les semaines à venir un peu comme une planche de salut par l'administration Bush, mais beaucoup d'experts sont sceptiques sur les chances de succès rapide, quelle que soit l'option choisie.

Accusé ces derniers mois au Congrès d'avoir une vision trop "rose" de la situation en Irak, Donald Rumsfeld a reconnu le manque de progrès dans ce pays au lendemain de l'annonce de sa démission.

Il a expliqué les difficultés de l'armée américaine par son manque d'"expérience" pour affronter "des extrémistes violents qui n'ont pas d'armée, de forces navales et aériennes, et qui opèrent dans l'ombre".

Publié le: 10/11/2006 à 08:12:35 GMT Source : AFP
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