| L'interdiction totale de l'avortement rejetée dans le Dakota du Sud |
| WASHINGTON (AFP) - Parmi les multiples initiatives locales soumises au vote des électeurs américains mardi, les électeurs du Dakota du Sud ont rejeté une interdiction totale de l'avortement, qui était destinée à ouvrir un nouveau front judiciaire sur ce sujet passionnel. |
Selon des projections des médias américains, la loi a été rejetée par environ 55% des votants dans cet Etat pourtant très conservateur du nord du pays.
Votée par le Parlement de l'Etat et promulguée en mars par le gouverneur, la loi HB 1215 sur la "protection de la santé des femmes et de la vie humaine" visait ouvertement à relancer le débat devant les tribunaux et en dernier lieu devant la Cour suprême américaine.
La plus haute juridiction du pays avait légalisé l'interruption volontaire de grossesse en 1973 au nom du principe constitutionnel de respect de la vie privée, mais les opposants à l'avortement espèrent que la nomination récente de deux juges conservateurs contribuera à terme à un revirement de la Cour.
"Cette loi est parfaite parce qu'elle protège l'enfant de la conception à la naissance. Personne ne peut prédire ce que la Cour suprême va dire, c'est la première fois qu'une procédure est fondée sur le principe de l'humanité de l'enfant à naître", avait plaidé Troy Newmann, président de l'organisation anti-avortement nationale "Operation rescue".
Mais la loi ne prévoyait d'exception que si la vie de la femme était immédiatement menacée. En cas de viol ou d'inceste, de risque pour la santé de la mère ou de malformation rendant le foetus non viable, la grossesse devait être menée à son terme.
Pour cette raison, la branche locale de l'ordre des gynécologues-obstétriciens américains s'était prononcée contre la loi, et une coalition s'était montée dans l'Etat pour obtenir qu'elle soit soumise à référendum.
"La victoire de ce soir appartient aux gens du Dakota du Sud qui se sont battus contre cette intrusion politique dans des décisions personnelles et privées", a réagi dans un communiqué Nancy Keenan, présidente de l'association de défense de l'avortement Naral, qui a activement participé à la campagne contre la loi.
"Les habitants du Dakota du Sud ont réaffirmé que le droit de choisir devait être entre une femme, son médecin, sa famille et son dieu, pas le législateur", a-t-elle ajouté.
Selon des statistiques citées par le Parlement de l'Etat, le Dakota du Sud enregistre chaque année environ 11.000 naissances et 800 avortements, ces derniers étant tous pratiqués dans une seule clinique par un médecin qui vient spécialement chaque semaine d'un autre Etat.
La Cour suprême américaine doit examiner ce mercredi la constitutionnalité d'une loi de 2003 interdisant une méthode chirurgicale d'avortement tardif, la première restriction fédérale depuis 1973, une affaire qui pourrait marquer le coup de barre à droite des juges.
La décision de la Cour est attendue dans les prochains mois. Si elle valide la loi de 2003, d'autres textes comme celui du Dakota du Sud, ou tout juste moins sévères, devraient être adoptés dans les Etats les plus conservateurs, et parvenir devant la Cour dans les prochaines années.
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| Publié le: 08/11/2006 à 08:30:20 GMT |
Source : AFP |
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