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Ingrid Betancourt: "Je ne sais pas ce que je vais faire dans le futur"
Ingrid Betancourt monte dans une voiture après être allée dans la chapelle où son père a été enterré à Bogota, le 3 juillet 2008 (© AFP - Juan Barreto)
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PARIS (AFP) - L'ex-otage franco-colombienne Ingrid Betancourt a déclaré jeudi qu'elle ne "savait pas" ce qu'elle allait faire de sa liberté, après six années passées dans la jungle aux mains de la guérilla colombienne des Farc, où elle a été traitée "comme un chien".
"Je ne sais pas ce que je vais faire dans le futur", a déclaré de Bogota Mme Betancourt, interrogée par France 2.

"Je m'étais programmée pour quatre ans de jungle encore. Cette liberté m'arrive tout à coup, je suis encore sous l'anesthésie du choc, j'ai du mal à réfléchir par moi-même", a poursuivi l'ex-otage, libérée la veille avec quatorze autres personnes lors d'une opération de l'armée colombienne.

"L'idéal pour moi serait d'avoir le don d'ubiquité et d'être à la fois en Colombie et en France", a-t-elle dit, avant de souligner qu'elle prendrait des décisions en fonction du besoin de ses enfants et de ses proches.

Mme Betancourt, qui a été otage plus de six ans, a réitéré son "engagement absolu" à lutter pour ses compagnons restés dans la jungle aux mains des Farc.

Interrogée sur ses conditions de détention, elle a indiqué avoir été traitée "comme un chien".

"Ce n'était pas un traitement qu'on puisse réserver à un animal", a-t-elle dit, ajoutant: "il n'y avait que cruauté, arbitraire, méchanceté".

Elle a raconté avoir ressenti des "spasmes de haine" contre ses ravisseurs. "Mais je me disais qu'une fois libre, je voulais être libre de tout, et notamment" de la haine, a-t-elle dit, en espérant que les Farc allaient "rectifier" leur politique.

"C'est une organisation qui ne représente plus rien en Colombie, qui n'a plus rien de respectable", a-t-elle dit.

Mme Betancourt est revenue sur son état de santé dégradé pendant sa détention et a indiqué qu'elle avait "bien sûr" envisagé la possibilité de mourir. "La mort arrive très très vite dans la jungle", a-t-elle ajouté, indiquant que ses ravisseurs l'avaient souvent privée de médicaments.

Interrogée sur son état actuel, elle a répondu: "Je suis en pleine forme. Il n'y a aucune fatigue dans la liberté".

"Je vais partir quelques jours avec mes enfants et être seule avec eux, et tout simplement me retrouver en famille dans le bonheur absolu", a-t-elle conclu.

Publié le: 03/07/2008 à 21:38:45 GMT Source : AFP
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