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Dossiers » Libération d'Ingrid Betancourt Dossiers » Libération d'Ingrid Betancourt
Ingrid Betancourt, une pasionaria libre après six ans d'enfer dans la jungle
Ingrid Betancourt lors d'une session parlementaire à Bogota en 1998 (© AFP/Achives)
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BOGOTA (AFP) - Otage des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), la franco-colombienne Ingrid Betancourt, libérée mercredi par l'armée colombienne, est une pasionaria de la politique qui vient de passer plus de six ans de captivité dans la jungle.
L'ancienne candidate écologiste à la présidentielle colombienne enlevée le 23 février 2002, avait été vue pour la dernière fois avant sa libération dans une vidéo diffusée le 30 novembre 2007. Sur cette vidéo, on pouvait l'apercevoir, tête baissée, apparemment très lasse, dans un état d'extrême maigreur, les mains croisées sur les genoux et le regard fixe.

Ses cinq tentatives de fuite rapportées par le policier John Frank Pinchao (qui est parvenu à échapper aux guérilleros le 17 mai 2007), les marches épuisantes, les nuits enchaînées et son refus de composer avec ses gardiens témoignent de la ténacité de cette femme courageuse et charismatique.

Les trois vidéos envoyées par les rebelles révélaient une dégradation de son état de santé physique et psychologique, elle qui débordait d'énergie au moment de sa capture.

"Ils (les guérilleros) m'ont tout pris. Chaque jour, il me reste moins de moi-même. Je fais en sorte de rester silencieuse, je parle le moins possible pour éviter les problèmes", écrivait-elle dans une longue lettre à sa mère Yolanda Pulecio, publiée en novembre dernier.

"Je n'ai envie de rien (...) car ici, dans cette jungle, l'unique réponse (des Farc) est non à tout", ajoutait-elle.

Lors de sa libération à la fin février 2008, l'ex-sénateur Luis Eliado Perez avait lancé un cri d'alarme sur les conditions de santé et de détention d'Ingrid. "Elle était extrêmement faible, maigre. Et le pire, sans force morale pour continuer", déclarait son confident de détention, qui lui a sauvé la vie en lui prodiguant des soins pendant leur captivité commune.

"Elle est inflexible, directe et pouvait dire à un président : vous êtes un délinquant et un voleur", se souvenait fièrement sa mère.

"Madame Ingrid n'est pas toujours très facile et a un fort caractère", avait reconnu avant sa mort en mars dernier Raul Reyes, le numéro deux des Farc.

L'image de Mme Betancourt avait radicalement changé lorsque ses dernières preuves de vie avaient été diffusées, en faisant un symbole de la barbarie des Farc.

Fille d'un ancien ministre de l'Education puis ambassadeur auprès de l'Unesco, elle a commencé sa carrière à la Chambre des représentants après avoir distribué dans les rues de Bogota des préservatifs sous le slogan : "la corruption est le sida de notre société. Protégeons-nous !"

Ses anciens camarades du lycée français Louis Pasteur de Bogota l'ont décrite comme un chef de bande, élève brillante, un peu casse-cou et très séduisante. "Elle a toujours été persuadée que rien ni personne ne pouvait lui résister", souligne une de ses amies de l'université.

Ancienne diplômée de l'école des sciences politiques à Paris, elle a été l'étudiante de l'ex-Premier ministre français Dominique de Villepin.

Dans son livre "La rage au coeur", elle affirmait avoir a été l'objet de menaces de mort et contrainte de se séparer à plusieurs reprises de ses deux enfants, Mélanie et Lorenzo, âgés aujourd'hui de 22 et 19 ans, pour les mettre à l'abri en France auprès de leur père Fabrice Delloye, son premier mari.

Publié le: 02/07/2008 à 21:48:59 GMT Source : AFP
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