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Dossiers » Séisme en Indonésie Dossiers » Séisme en Indonésie
Un hôpital de Java, bondé de blessés
Des blessés dans un hôpital de Yogyakarta, le 28 mai 2006 (© AFP - Bay Ismoyo)
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YOGYAKARTA (AFP) - Des centaines de blessés en état de choc sont entassés dans l'hôpital catholique indonésien de Panti Rapih. A l'extérieur le parking est transformé en une vaste salle d'attente d'où fusent des gémissements de douleur.
Etendue sur une étroite civière, Widiarti, 26 ans, a le visage et les bras tuméfiés, le reste de son corps recouvert par une étoffe sale.

Elle patiente devant le service de radiologie mais la queue est longue vu le nombre important de fractures et autres traumatismes causés par le séisme.

Pas un recoin de l'hôpital qui ne soit utilisé pour poser un matelas ou un brancard où s'entassent les victimes. Beaucoup aussi sont muets, exténués, à même le sol carrelé.

Sastroutomo, une femme âgée allongée sur une natte, est incapable de prononcer un mot. Sa figure est enflée et sa bouche noire de sang séché. On a posé une inscription à côté de sa tête: "A besoin d'une radio".

Une infirmière indique que l'hôpital, complètement dépassé par l'ampleur des arrivées, peine à assurer la prise en charge initiale.

Le séisme qui a frappé samedi le centre de l'île indonésienne de Java a fait au moins 3.300 morts.

"On prend juste des informations sur chaque patient et on les envoie vers les services concernés", explique l'infirmière.

Le ballet des ambulances a des heures durant amené toujours plus de blessés. Beaucoup ont également été transportés par leurs proches rescapés, parfois à moto, parfois à pied voire à vélotaxi.

Une blessée attend est allongée dans la rue, en attente de soins, le 28 mai 2006 à Yogyakarta (© AFP - Jewel Samad)
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La petite Tiara Fadillah, 6 ans, a vraisemblablement la hanche cassée. Un pan de mur lui est tombé dessus. "Parce qu'elle a protégé sa petite soeur, c'est elle qui a reçu le mur", explique son père, Budi Utomo.

"J'ai conduit ma fille à l'hôpital en utilisant la voiture d'un voisin mais elle n'a été soignée que quatre heures plus tard. Je peux comprendre, il y a tellement de gens à l'hôpital", poursuit-il.

Dans la morgue de l'établissement, une liste fixée sur un panneau artisanal affiche cinquante noms. Les cadavres, enveloppés d'un simple drap en guise de linceul, sont alignés sur trois rangées de bancs.

Les soins pratiqués dans l'urgence laissent souvent à désirer. Harto Prayitno, 71 ans, a attendu de longues heures pour recevoir seulement deux attelles liées par un bandage autour de sa jambe.

"Depuis plus rien ne s'est passé. Je ne sais toujours pas si j'ai des os cassés", dit-il.

Un aide-soignant nettoie avec attention le sang rougissant la main d'une jeune femme. "Nous n'avons pas arrêté de travailler, comme vous pouvez le constater, et il reste encore beaucoup à faire".

John Budd, porte-parole de l'Unicef, a estimé dimanche le nombre de blessés à au moins 20.000.

Déjà en situation normale les infrastructures sanitaires de l'Indonésie sont très limitées. La catastrophe illustre encore davantage ces carences. Plusieurs pays étrangers ont proposé à Jakarta d'envoyer des équipes médicales.

Publié le: 28/05/2006 à 07:27:53 GMT Source : AFP
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