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Grèves en France: "C'est un peu la loi de la jungle"
Un jour d'école (© AFP/Archives - Mychèle Daniau)
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PARIS (AFP) - "C'est un peu la loi de la jungle". François Dommée, chef de projet informatique à Paris, résume avec fatalisme son sentiment en ce "mardi noir" de grèves dans les transports et la fonction publique.
Comme lui, des millions de Français ont dû s'organiser tant bien que mal et jongler avec leurs horaires pour faire face au pic de la mobilisation -grèves et manifestations- contre les projets de réformes sociales du président Nicolas Sarkozy.

Les fonctionnaires observaient une journée de grève -particulièrement suivie dans les écoles- alors que les transports restaient fortement perturbés, surtout en région parisienne, au septième jour de grève des cheminots.

François Dommée s'est levé à 05H30 pour rejoindre, en train, puis à pied et sous la pluie son lieu de travail à Paris.

Dans la grande gare Saint-Lazare de Paris, où transitent plusieurs centaines de milliers de passagers chaque jour en temps ordinaire, l'ambiance était à la fois silencieuse et nerveuse. Pour Loïc, employé des Postes, la "fatigue" vient de "l'incertitude" sur la circulation des trains. Lui aimerait faire grève -l'appel à la grève de mardi concernait aussi la Poste- mais assure qu'il "n'en a pas les moyens".

Dans le métro, où circulait en moyenne une rame sur trois, les voyageurs s'entassaient comme les jours précédents sur les quais.

Partout, on tente de s'organiser. Des voyageurs ont ainsi passé la nuit dans des hôtels près des aéroports parisiens d'Orly et Roissy, comme Brigitte, qui ne voulait pas rater son vol pour les Antilles.

Myriam, 24 ans, femme de ménage dans la région parisienne, n'a pas eu d'autre solution que de prendre sa fille Corinne, 4 ans et demi, sous le bras pour aller à son travail.

Dans tout le pays, des écoles étaient fermées, un casse-tête pour les parents. A Lyon (centre-est) des parents de l'école Jarante accueillaient d'autres enfants pour le repas de midi, pour pallier la fermeture de la cantine.

"Il faut bien s'organiser", disait à Reims (nord-est) Sandrine Chamelot, 40 ans, employée dans une boutique. "Aujourd'hui, mes enfants de 9 et 12 ans se sont levés à 05H30 pour que je puisse les amener chez la nourrice qui a bien voulu les prendre plus tôt".

A Strasbourg (est), Alain, son fils Lucas, 4 ans, à la main, soutient lui le mouvement de contestation, "même si ça doit durer un mois". "C'est normal que chacun fasse des efforts pour cette grève", explique-t-il.

Les sondages ont montré que le mouvement des cheminots contre la réforme des régimes spéciaux de retraite était impopulaire, mais que la journée de grève des fonctionnaires, visant notamment à réclamer des hausses de salaires, avait le soutien d'une majorité de Français (53%).

David Caballero, 38 ans, ouvrier dans le bâtiment à Reims résumait la lassitude partout palpable des usagers des transports: "Ca commence à faire long...".

Publié le: 20/11/2007 à 15:06:42 GMT Source : AFP
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