| Le gouvernement britannique songe à son tour à un plan de sauvetage des banques |
| LONDRES (AFP) - Le gouvernement britannique réfléchit à son tour à l'adoption d'un plan général de sauvetage des banques, qui passerait par une recapitalisation par l'Etat des banques du pays, tout en continuant à résister aux appels à garantir la totalité de l'épargne nationale. |
Le ministre des Finances Alistair Darling a lancé dimanche sur la BBC qu'il était prêt, pour conjurer la crise actuelle, à "faire de grands pas qu'on ne ferait pas en temps ordinaire".
Lundi, la presse a expliqué que l'idée serait en fait que l'Etat prenne des parts au capital des banques du pays, cet argent frais aboutissant à ce qu'elles soient mieux à même de refaire circuler le crédit. Récemment, les banques ont surtout compté sur les injections des banques centrales pour obtenir des liquidités.
Les journaux ont fait la comparaison avec un plan similaire adopté par la Suède au début des années 1990.
Interrogée lundi matin sur la BBC, la secrétaire générale du Trésor Yvette Cooper a rappelé que MM. Brown et Darling avaient indiqué à plusieurs reprises récemment qu'ils feraient "tout ce qu'il y avait à faire" pour assurer la sécurité du système bancaire dans le pays. Elle a assuré que "toutes les options devraient être examinées", mais elle n'a pas voulu commenter les rumeurs de presse.
Même encore officieuses, ces perspectives étaient plutôt bien accueillies, y compris par l'opposition.
Le leader conservateur David Cameron a ainsi écrit lundi dans le Financial Times qu'il lui paraissait "possible d'imaginer des circonstances dans lesquelles des injections de capital par le gouvernement, avec des garanties appropriées et dans des conditions strictes, pourrait être la meilleure façon de sauvegarder les intérêts à long terme du contribuable".
Le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mervyn King, serait également favorable à un tel projet.
Les analystes, comme Gurjit Kambo de Numis Securities jugeaient le projet "à double tranchant". Il soulignait ainsi que le recours d'une banque à l'offre du gouvernement enverrait au marché un "mauvais signal" sur sa santé financière.
A la fois, il soulignait aussi l'effet probablement très positif d'une telle décision sur la circulation du crédit. Du point de vue des actionnaires des banques, il estimait que cela "diminuerait le risque qu'ils encourent, mais aboutirait d'un autre côté à une dilution (du capital) pour les grands investisseurs institutionnels".
Le gouvernement britannique a déjà nationalisé complètement Northern Rock en février, et partiellement Bradford & Bingley le mois dernier. Il va légiférer aussi pour faciliter le rachat de HBOS par Lloyds TSB.
L'initiative d'ordre général évoquée par la presse marque cependant un pas supplémentaire tout en se démarquant du plan américain qui consiste à racheter les actifs les plus toxiques des banques, tandis que d'autres pays, comme l'Irlande, ont carrément prévu de garantir tous les dépôts bancaires.
La décision irlandaise embarrasse d'ailleurs le Royaume-Uni, alors que trois des six banques concernées opèrent au Royaume-Uni et que les comptes d'épargne de la Poste sont gérés par la Bank of Ireland et bénéficient à ce titre de la nouvelle loi.
Pour l'instant, le Royaume-Uni fait passer dès mardi de 35.000 à 50.000 livres (64.700 euros) le plafond de dépôt garanti par client et par banque (100.000 livres pour les comptes joints), et l'Autorité des Services financiers (FSA) a indiqué qu'elle mènerait une réflexion pour relever éventuellement ce plafond.
La première réunion du nouveau "Conseil économique national" (NEC), composé des principaux ministres liés à l'économie, a eu lieu lundi matin à Downing Street. M. Darling devait s'exprimer dans l'après-midi devant le Parlement.
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| Publié le: 06/10/2008 à 13:00:20 GMT |
Source : AFP |
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