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Le gouvernement et la majorité cherchent à se relancer après la défaite des municipales
Nicolas Sarkozy prononce un discours  au plateau des Glières, le 18 mars 2008. (© AFP - Jean-Pierre Clatot)
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PARIS (AFP) - Les grandes manoeuvres ont commencé mardi à droite deux jours après la défaite des municipales, le Premier ministre François Fillon exhortant sa majorité à "tenir le cap", alors que l'Elysée devait annoncer un remaniement limité de l'équipe gouvernementale.
Sans commenter directement les derniers scrutins, Nicolas Sarkozy s'est de son côté engagé à "continuer les changements nécessaires à notre pays", réaffirmant qu'il n'avait pas l'intention de changer la politique pour laquelle il "a été élu".

"Il faut tenir le cap" de la réforme "si vous voulez que les résultats soient au rendez-vous en 2012" lors de la présidentielle et les législatives, a lancé M. Fillon aux députés de l'UMP réunis pour la première fois depuis la défaite.

Il les a engagés à "être plus combatif et répondre aux attaques de la gauche, surtout lorsqu'elles sont démagogiques", au cours d'une réunion qui a été selon des participants "plus calme" que redouté.

Sur 271 députés UMP candidats, 214 ont en effet mordu la poussière, dans un climat national marqué par la chute brutale de popularité du chef de l'Etat. Quasiment tous ceux partis à l'assaut de grandes villes, où l'effet de vote sanction se fait le plus sentir, ont été battus. Cinq ont perdu la présidence de leur département.

Au cours de la réunion, certains n'ont pas caché leur amertume, s'en prenant parfois au président de la République ou à sa politique d'ouverture.

M. Fillon à volé à son secours: "Nous n'avons jamais intérêt à alimenter le lynchage médiatique. Notre devoir est de défendre le président de la République, de le protéger".

Nicolas Sarkozy lui-même n'a toujours pas commenté directement le résultat des derniers scrutins. Mais comme il l'avait fait dès l'entre-deux tours, il a promis de poursuivre sa politique de "changements (...) nécessaires à notre pays".

"J'ai été élu pour conduire cette politique et c'est celle que je mènerai", a-t-il lancé lors d'une allocution sur le Plateau des Glières, haut lieu de la Résistance où il a promis de se rendre chaque année. Un déplacement sur un thème "régalien", dans le ton de la nouvelle image "présidentialisée" que veut projeter l'Elysée.

Après la réorganisation lundi de la communication présidentielle, un mini-remaniement gouvernemental était attendu mardi soir.

Outre le remplacement du secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Christian Estrosi, parti se consacrer à sa ville de Nice, il devrait se traduire par la création de trois ou quatre secrétariats d'Etat (Grand-Paris, économie numérique, emploi...).

Les noms des secrétaires d'Etat Luc Chatel (Consommation) et Alain Marleix (Défense), du porte-parole du gouvernement Laurent Wauquiez, de celui de l'UMP Yves Jégo, du secrétaire général adjoint de l'UMP Dominique Paillé, ou de l'ex-présidente de la SNCF Anne-Marie Idrac étaient parmi les plus souvent cités.

Hubert Falco, sénateur réélu maire UMP de Toulon (Var) dès le premier tour, a pour sa part indiqué à la presse locale avoir "reçu un coup de fil dimanche soir du président de la République (lui) demandant de revenir au gouvernement".

Au Parti socialiste, grand vainqueur des élections, on espérait toujours que le succès électoral ne relancerait pas la guerre des chefs. Jean-Louis Bianco, ex-co-directeur de campagne de Ségolène Royal, a toutefois souhaité que le congrès soit avancé et que sa championne "porte les couleurs du parti".

"Je pense que la pire des choses aujourd'hui, pour chacun d'entre nous, serait de dire: je suis candidate", avait répondu par avance Martine Aubry, relancée par son succès lillois.

Publié le: 18/03/2008 à 19:46:00 GMT Source : AFP
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