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Géorgie: les Russes tardent à se retirer, sont prêts à reconnaître l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud
Colonne de véhicules blindés russes sur la route de Gori-Tbilissi, le 19 août 2008 (© AFP - Marco Longari)
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SOUKHOUMI (Géorgie), (AFP) - Le territoire séparatiste géorgien d'Abkhazie a annoncé mercredi qu'il allait demander à Moscou de reconnaître son indépendance, alors que les Occidentaux continuent de presser la Russie de retirer ses troupes de Géorgie comme promis d'ici vendredi.
"Le peuple d'Abkhazie a l'intention de demander à la direction russe de reconnaître" son indépendance, a dit à l'AFP le vice-président du parlement abkhaze Viatcheslav Tsougba.

Le parlement abkhaze doit examiner mercredi après-midi un appel en ce sens du président de la république autoproclamée, Sergueï Bagapch. Un "congrès national", rassemblement de tous les partis politiques et organisations sociales abkhazes, doit se tenir ensuite jeudi sur une place publique à Soukhoumi, la capitale abkhaze, pour l'approuver définitivement.

Le Conseil de la Fédération, chambre haute du parlement russe, a aussitôt annoncé qu'il se réunirait le lundi 25 août en session extraordinaire pour examiner cette demande, et une requête analogue concernant l'autre territoire séparatiste géorgien, l'Ossétie du Sud.

Le Conseil de la Fédération est "prêt à reconnaître" l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud, a déclaré le président du sénat russe, Sergueï Mironov, un proche du Kremlin.

Il faut au préalable "une décision en ce sens du président de la Russie" Dmitri Medvedev, a ajouté M. Mironov, qui se trouvait à Vladikavkaz, en Ossétie du Nord (sud de la Russie) tout près de la frontière géorgienne.

Recevant au Kremlin le président abkhaze Sergueï Bagapch et son homologue ossète du sud Edouard Kokoïty, le président Medvedev avait déclaré vendredi dernier que Moscou "soutiendrait" et "garantirait" sur la scène internationale "toute décision" des séparatistes sur leur futur statut.

L'Ossétie du Sud a par le passé réclamé son rattachement, après sa séparation d'avec la Géorgie, à la Fédération de Russie. Les séparatistes abkhazes ont de leur côté évoqué un statut de territoire "associé" à la Russie.

Tbilissi a pris de haut ces nouvelles. "Qu'ils disent ce qu'ils veulent. Ce serait plutôt à la police de s'occuper de gens comme les leaders séparatistes", a commenté le ministre géorgien en charge de la "réintégration" des territoires séparatistes, Temour Iakobachvili.

Sur le terrain, un journaliste de l'AFP a vu mercredi une vingtaine de camions militaires quittant l'Ossétie du Sud en direction de la Russie, mais autant de véhicules allaient en sens inverse et aucun retrait massif ne semblait mis en oeuvre.

En visite à Tbilissi, le ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband a accusé Moscou de "ne pas tenir sa parole", et la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a jugé que la Russie devenait "de plus en plus hors-la-loi" en traînant les pieds pour retirer ses troupes, en marge d'une réunion d'urgence de l'Otan à Bruxelles.

Selon la présidence française, le président Medvedev a assuré dans un appel téléphonique mardi à son homologue Nicolas Sarkozy que "le retrait des troupes russes serait achevé les 21 et 22 août".

L'ampleur de ce retrait n'était cependant pas clairement définie, le Kremlin indiquant pour sa part avoir promis dans ces délais un retrait partiel de ses forces, déployées en territoire géorgien après une tentative le 7 août des forces géorgiennes de reprendre le contrôle de l'Ossétie du Sud.

Les autorités séparatistes ossètes ont affirmé mercredi que "l'aggression géorgienne" avait fait 1.492 morts. Alors que Moscou accusait Tbilissi d'avoir fomenté un "génocide", l'organisation Human Rights Watch (HRW) a affirmé lundi que l'attaque géorgienne avait fait des "dizaines" de tués parmi les civils plutôt que des "milliers".

L'Otan a adopté mardi à Bruxelles une déclaration commune condamnant la Russie. Une prise de position aussitôt dénoncée par Moscou, qui a souligné qu'elle aurait "des conséquences" sur ses relations avec l'Alliance.

Illustrant la nouvelle carte des soutiens de Moscou dans cette crise avec les Occidentaux, après le Vénézuélien Hugo Chavez et le Bélarusse Alexandre Loukachenko, c'est le président syrien Bachar al-Assad, attendu en Russie mercredi, qui a dénoncé dans un entretien publié à Moscou les "tentatives" des pays occidentaux d'"isoler la Russie" sur la scène internationale.

Enfin, les services secrets russes (FSB, ex-KGB) ont annoncé mercredi avoir arrêté dans le sud du pays un officier de l'armée russe d'origine géorgienne, soupçonné d'"espionnage" au profit de Tbilissi, ainsi que neuf agents géorgiens qui "espionnaient des sites militaires et préparaient des actes terroristes".

La Géorgie a noué des relations étroites avec les Etats-Unis ces dernières années, notamment dans le domaine militaire, et aspire à entrer dans l'Otan.

Publié le: 20/08/2008 à 09:58:36 GMT Source : AFP
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