| Gaza: Israël sur la sellette à l'Assemblée générale de l'ONU |
| NEW YORK (AFP) - Israël a été copieusement critiqué et accusé de violer le droit international jeudi à l'Assemblée générale de l'ONU, pour son offensive dans la bande de Gaza, notamment pour ses frappes contre des hôpitaux et des bâtiments abritant la presse et l'ONU. |
Le président de l'Assemblée, le Nicaraguayen Miguel d'Escoto, a donné le ton en énumérant les violations commises selon lui par l'Etat hébreu: "punition collective, usage disproportionné de la force et attaque de cibles civiles dont des maisons, des mosquées, des universités et des écoles".
L'Assemblée était réunie d'urgence, à la demande du Mouvement des non-alignés (118 Etats membres sur 192), dans le but d'exiger le respect de l'appel au cessez-le-feu à Gaza lancé par le Conseil de sécurité dans sa résolution 1860.
M. d'Escoto a fait circuler, à la demande de plusieurs Etats membres, un projet de résolution en ce sens, avant d'ajourner la session en fin d'après-midi.
Le vote devrait avoir lieu vendredi. Contrairement à celles du Conseil de sécurité, les résolutions de l'Assemblée ne sont pas considérées comme contraignantes.
La délégation israélienne a tenté d'empêcher la réunion, arguant qu'aux termes de la Charte de l'ONU, l'Assemblée générale n'avait pas à s'emparer d'une question dont le Conseil de sécurité est déjà saisi.
Mais sa requête a été repoussée, M. d'Escoto soulignant que l'Assemblée, "organe le plus représentatif et démocratique de l'ONU", ne pouvait rester sans rien faire alors que la résolution 1860, adoptée le 8 janvier, est restée lettre morte. "Gaza brûle", a-t-il lancé pour justifier sa décision.
Il a déploré que le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, ait rejeté la résolution en revendiquant le droit sacré d'Israël à protéger la sécurité de ses concitoyens.
"Il est paradoxal qu'Israël, qui doit son existence même à une résolution de l'Assemblée générale des Nations unies (de 1948, ndlr), fasse preuve d'autant de dédain pour les résolutions de l'ONU", a dit M. d'Escoto.
Israël s'attendait à un nouveau vote hostile de l'Assemblée, organe souvent mal disposé à son égard. Son ambassadrice, Gabriela Shalev, a accusé l'Assemblée de se réunir "de manière cynique, haineuse et politisée afin de délégitimer le droit fondamental d'Israël de défendre ses citoyens."
Son collègue iranien, Mohammad Khazaee, a estimé en revanche que les actes d'Israël à Gaza équivalaient à "un génocide et des crimes contre l'Humanité", ajoutant que l'Etat hébreu n'était "pas qualifié pour être membre de cette organisation."
Dans une autre déclaration dure, l'ambassadeur de Malaisie, Hamidon Ali, a appelé à l'adoption d'une résolution qui au-delà de l'exigence d'un cessez-le-feu, prévoie "l'établissement d'un tribunal pour enquêter et poursuivre les responsables de crimes de guerre" et "des sanctions (contre Israël) en cas de non-respect".
La réunion a commencé alors que le principal entrepôt de l'agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés palestiniens (Unrwa) était la proie des flammes à Gaza-ville après avoir été touché par des tirs d'obus israéliens, un bombardement condamné par la communauté internationale.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, qui était jeudi en Israël, s'est dit "scandalisé" par cette attaque. Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, qui a "regretté" ce bombardement, a affirmé que l'armée avait riposté à des tirs du Hamas en provenance du complexe.
L'un après l'autre, les orateurs à l'ONU ont vivement condamné cette attaque.
Au nom de l'Union européenne, l'ambassadeur tchèque Martin Palous a "exprimé son indignation" et "exigé que la lumière soit faite" sur ses circonstances.
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| Publié le: 16/01/2009 à 06:14:50 GMT |
Source : AFP |
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