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Gaza: la guerre montrée aux journalistes, à bonne distance des combats
Les bombardements sur la bande de Gaza vus depuis la frontière avec Israël, le 15 janvier 2009 (© AFP - Menahem Kahana)
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ATATRA (AFP) - A Gaza-ville, les combats font rage. De fortes explosions et des tirs de mitrailleuses lourdes retentissent. Mais pour une dizaine de journalistes étrangers, le premier groupe de cette taille à pouvoir pénétrer à Gaza avec l'armée, la guerre s'observe à distance.
Peu auparavant, deux véhicules blindés - transportant cameramen et photographes - ont traversé la frontière avec la bande de Gaza et roulé sur les routes sablonneuses du nord du territoire, labourées par les chenilles de chars.

Après une demi-heure de route, le convoi s'arrête à Atatra, une localité d'agriculteurs, non loin d'un centre balnéaire en ruine, au bord de la mer, construit il y a plusieurs années par Mohammed Dahlan, un dirigeant du Fatah réfugié en Cisjordanie.

Au dessus de Gaza-ville, une colonne de fumée noire s'élève dans le ciel. Quelques heures plus tôt, des obus israéliens ont chuté sur plusieurs entrepôts de l'ONU provoquant un important incendie.

A Atatra toutefois, le calme règne. La localité est vide, ses habitants ont fui vers Gaza avec l'avancée des troupes de l'Etat hébreu, qui entend réduire au maximum les tirs de roquettes contre Israël.

Ici, ni morts, ni blessés, ni combats. Impossible d'avancer plus avant. Depuis le début de l'offensive "Plomb durci", il y a trois semaines, Israël refuse de laisser la presse accéder librement à la bande de Gaza, meurtrie par les bombardements et les raids incessants.

Deux chars Merkava arrivent. Le colonel Herzi, alerte, saute de l'un d'eux. "Je suis désolé de venir en tank, j'ai un problème avec ma jeep", s'excuse-t-il.

L'officier, une barbe hirsute poivre et sel, a quitté ses hommes pendant une petite heure pour faire un bref bilan de la guerre menée contre les islamistes du Hamas, qui se déroule depuis le début loin des caméras de télévision.

"Ce que vous pouvez voir ici, n'est pas agréable. La guerre n'est pas agréable. Je n'aime pas la guerre", dit-il en préambule.

"Chaque corps de Palestiniens, chaque maison détruite, ce sont des choses que je n'aime pas. Mais ils ne nous ont laissé aucun choix", ajoute-t-il, alors que l'artillerie continue de tirer à quelques kilomètres en direction de Gaza.

Il raconte que ses forces doivent progresser avec beaucoup de prudence face à une guérilla urbaine qui a piégé "un tiers des maisons" et envoie des "femmes commettre des (attaques) suicide contre nos positions".

Il montre des photos d'armes saisies, de bombes cachées dans des sacs, "dont l'un de l'Unicef", le Fonds des Nations unies pour l'enfance. Selon lui, le Hamas essaye aussi de leurrer les soldats à l'aide de mannequins.

Mais, ajoute-t-il, la plus grande crainte est celle de l'enlèvement. "Les maisons sont piégées. Il y a beaucoup de tunnels dessous. Nous devons user de toute la force nécessaire quand on pénètre dans les maisons car nous ne voulons pas avoir un autre soldat enlevé", insiste le colonel.

Il assure que le Hamas a reçu des coups très durs. "Ils se battent mais pas farouchement. Parfois ils nous affrontent à trois, à cinq, parfois à 50". Des déclarations impossibles à vérifier, l'armée ayant empêché les journalistes de parler aux soldats.

La visite s'achève, laissant les journalistes sur leur faim. "On a vu la guerre d'un peu plus près mais toujours à distance. En réalité, ils ne veulent pas qu'on voit ce qui se passe", estime une journaliste française.

"Il est très difficile de s'éloigner du discours officiel", ajoute-t-elle.

Publié le: 16/01/2009 à 08:41:45 GMT Source : AFP
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