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Dossiers » France: Elections municipales Dossiers » France: Elections municipales
La gauche conforte son emprise sur les collectivités locales
Nombre de villes gagnées ou perdues au 2e tour (© AFP/infographie)
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PARIS (AFP) - Après sa victoire éclatante aux régionales et cantonales de 2004, la gauche renforce son emprise sur les collectivités locales, accentuant l'image d'une France avec un exécutif à droite et des territoires majoritairement à gauche.
Avant les élections municipales et cantonales de 2008, la gauche détenait déjà 20 régions sur 22 et une très courte majorité de départements depuis 2004 (51 contre 50). En revanche, depuis les municipales de 2001, la droite dirigeait 223 villes de plus de 20.000 habitants contre 178 à la gauche.

Dimanche soir, forte de sa poussée aux cantonales, la gauche est assurée de conquérir au moins huit nouveaux départements, confortant largement sa majorité à l'Assemblée des départements de France.

Mais c'est surtout au niveau des grandes villes que les gains sont spectaculaires pour le PS. En prenant à la droite deux villes de plus de 200.000 habitants (Toulouse et Strasbourg) et en conservant facilement les six qu'elle détenait déjà, elle ne laisse plus à la droite que Marseille, la 3e ville de France, Bordeaux et Nice.

En y ajoutant les six villes comprises entre 100.000 et 200.000 habitants qui basculent (Amiens, Caen, Reims, Rouen, Saint-Denis de la Réunion et Saint-Etienne), là aussi sans en perdre une seule, la gauche domine désormais très largement dans les villes de plus de 100.000 (25 contre 12) alors qu'elle était minoritaire avant ce scrutin (16 contre 21 pour la droite).

Forts de ces succès, le PS et ses alliés peuvent espérer progresser une nouvelle fois en septembre au Sénat même si le mode de scrutin des sénatoriales, avec des grands électeurs représentant majoritairement la France rurale, ne lui laisse aucun espoir de faire basculer la Haute Assemblée au moins à courte échéance.

Cette emprise sur les collectivités locales offre à la gauche des avantages indéniables, avec la possibilité pour un nombre important d'élus locaux de faire leurs preuves dans la gestion de fonds publics en forte augmentation depuis la décentralisation du début des années 1980.

"La gauche sera dans une certaine mesure au pouvoir, mais au pouvoir dans les villes et les départements, sans prétendre bien sûr vouloir revenir sur les résultats de l'élection présidentielle de l'année dernière", a déclaré dimanche soir le premier secrétaire du PS François Hollande.

Le contraste avec une succession d'échecs lors des échéances nationales décisives n'en est pourtant que plus frappant. Car si la gauche est dominatrice à l'échelle locale, elle ne parvient plus depuis de longues années à contester le leadership de la droite sur l'exécutif national, au risque de se voir enfermer dans cette image de gestionnaire local uniquement.

Depuis 1988 et la réélection de François Mitterrand, le parti socialiste a enchaîné trois échecs à la présidentielle (1995, 2002 et 2007). Et les législatives ne lui ont plus été favorables depuis le succès de la gauche plurielle en 1997.

Des échecs qui invitent à la prudence les leaders socialistes après le succès de ce 2e tour des municipales et des cantonales. Tous ont encore en mémoire le large succès de Nicolas Sarkozy à la présidentielle en 2007, trois ans après le triomphe de la gauche aux régionales de 2004.

Publié le: 16/03/2008 à 22:56:22 GMT Source : AFP
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