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Gates face à des options stratégiques et tactiques limitées en Irak
Le président George W. Bush écoute le nouveau secrétaire à la Défense Robert Gates (g) à la Maison Blanche, le 8 novembre 2006 (© AFP - Tim Sloan)
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WASHINGTON (AFP) - Robert Gates, choisi pour remplacer Donald Rumsfeld au Pentagone, est très attendu sur un changement de politique en Irak mais les options stratégiques et tactiques apparaissent limitées.
"Ce que le successeur de Rumsfeld pourrait faire reste incertain", estime Michael Moran, expert au Council on Foreign Relations, alors que le président George W. Bush a déclaré jeudi qu'il était ouvert à toutes les suggestions sur l'Irak.

En tout cas, "aussi longtemps que Rumsfeld était là, il était clair pour le monde entier qu'il n'y aurait pas de changement de politique. (Son départ) était une condition nécessaire, mais ce n'est pas la solution", a estimé pour sa part le sénateur démocrate Joseph Biden.

"Je suis sûr que Gates arrivera avec ses propres idées, de nouvelles idées, de nouvelles initiatives", a jugé le président de la commission sénatoriale des Forces armées, le républicain John Warner. "Je lui fais confiance pour aider à corriger" certaines éléments de la politique américaine en Irak.

Avec le départ de Donald Rumsfeld, les "plans B" qui circulent dans les milieux politiques à Washington sur l'Irak sont réapparus: fédéralisation, retrait graduel des troupes américaines, conférence régionale, envoi de renforts massifs, etc.

"La situation est devenue très sombre et aucune option ne peut être écartée mais nous ne devrions pas nous faire d'illusions sur les chances de succès de ces plans", estime Max Boot, expert au Council on Foreign Relations, dans un éditorial publié dans le Los Angeles Times.

Parlementaires et experts à Washington attendent tous avec impatience les conclusions de la commission indépendante sur l'Irak, présidée par l'ancien secrétaire d'Etat James Baker, un républicain proche de la famille Bush, et l'ancien parlementaire démocrate Lee Hamilton.

Les options examinées par cette commission, dont Robert Gates fait partie, ont filtré avant les élections parlementaires américaines. Elles incluent un retrait graduel des troupes américaines et la reprise du dialogue avec les voisins iranien et syrien de l'Irak.

"J'espère que Baker et Hamilton proposeront quelque chose de différent. J'espère qu'ils feront des recommandations pour permettre de redéployer les troupes. Parce que c'est sur quoi portait cette élection", a déclaré le parlementaire démocrate John Murtha, qui s'était distingué l'année dernière en demandant un retrait immédiat des troupes américaines d'Irak.

Joseph Biden a rappelé jeudi son plan de fédéralisation de l'Irak: "Il faut une solution politique en Irak, donner aux sunnites une partie du pétrole pour qu'ils abandonnent leur insurrection, avoir un système plus fédéral (...) avoir une conférence régionale".

Pour Max Boot, "le seul réel espoir de restaurer l'ordre à court terme est d'envoyer des renforts américains. Malheureusement, pacifier le pays tout entier nécessiterait probablement 400.000 à 500.000 troupes" américaines.

L'ancien ambassadeur américain à l'ONU, Richard Holbrooke, de son côté, soutient l'organisation d'une conférence régionale pour obtenir le soutien des pays voisins de l'Irak et un redéploiement de troupes américaines dans le nord de l'Irak, à la frontière avec la Turquie.

John Warner a mis en garde contre des changements radicaux, jugeant qu'il ne fallait pas déstabiliser le gouvernement irakien afin de garder "intact" l'Irak et éviter que le pays ne sombre "dans une guerre civile".

Au delà des changements stratégiques et tactiques espérés, les détracteurs de Donald Rumsfeld attendent surtout un changement de style avec Robert Gates. Selon le sénateur démocrate Jack Reed, "c'est un pragmatique. C'est quelqu'un qui écoutera, notamment les militaires. Et je pense que cela constituera un agréable changement par rapport à M. Rumsfeld".

Publié le: 09/11/2006 à 18:25:56 GMT Source : AFP
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