| Future présidente de la Chambre en tête, les femmes à l'assaut du Congrès |
| WASHINGTON (AFP) - Avec à leur tête Nancy Pelosi, qui deviendra la femme la plus puissante dans l'histoire des Etats-Unis en présidant la Chambre des représentants, les Américaines n'auront jamais été aussi nombreuses à être élues au Congrès. |
Dans le sillage des démocrates, qui ont obtenu mardi une large majorité à la Chambre des représentants et vont doubler la mise en prenant le contrôle du Sénat, elles pourraient, avec de nouvelles élues, passer le cap de 70 femmes à la Chambre.
Au Sénat, elles étaient 14. Elles seront désormais au nombre de 16, un nombre jamais atteint, avec l'élection de Claire McCaskill dans le Missouri et d'Amy Klobuchar dans le Minnesota. Une nouvelle femme gouverneur, Sarah Palin, a également été élue dans l'Alaska. Il y aura désormais 9 femmes gouverneurs.
Les femmes restent toutefois une rareté dans un Congrès dominé par des hommes majoritairement blancs.
Mais un nombre plus élevé de candidates démontre l'intérêt que les Américaines portent à la politique: elles étaient quelque 140 candidates, dont 98 pour le seul parti démocrate à se présenter mardi à un des 435 sièges de députés.
Le rejet de la guerre en Irak a joué un grand rôle dans cette mobilisation féminine, estime Linda Fowler, professeur en sciences politiques au Dartmouth College.
"Les femmes sont beaucoup plus pragmatiques et savent quel est le vrai coût de la guerre", dit-elle à l'AFP. "Elles n'ont pas été impressionnées par toute la rhétorique macho du président Bush affirmant qu'il fallait +garder le cap+".
Elle relève également "un basculement surprenant" vers le parti démocrate dans les petits Etats où les communautés entretiennent "un lien personnel avec la guerre" et sont particulièrement touchées de voir partir pour le front leurs policiers ou leurs pompiers, membres de la Garde nationale.
Linda Fowler considère "comme un progrès" que les femmes en politique, qu'elles se présentent sous l'étiquette démocrate ou républicaine, ne se concentrent plus uniquement sur des thèmes féministes.
C'est une élégante femme à poigne, Nancy Pelosi, 66 ans, qui pour la première fois en 218 ans d'histoire, deviendra dès janvier le "Speaker" (la présidente) de la Chambre des représentants et le troisième personnage de l'Etat juste derrière le président George W. Bush et son vice-président Dick Cheney.
Cette petite-fille d'immigré italien va devenir l'interlocutrice obligée de l'administration du président Bush et est entrée dans le vif du sujet en réclamant dès mercredi au nom de la nouvelle majorité "un changement de direction sur l'Irak".
Mère de cinq enfants, plusieurs fois grand-mère, mariée à un homme d'affaires milliardaire, Mme Pelosi siège au Congrès depuis 1987, titulaire du siège du 8e district de San Francisco, l'une des circonscriptions sociologiquement acquises d'office aux démocrates et qui n'a jamais manqué de la réélire.
La plus grande organisation de femmes aux Etats-Unis (NOW, National Organization for Women) s'est félicitée mercredi que "les femmes fassent le ménage au Congrès".
"Nous avons hâte d'applaudir Nancy Pelosi, lorsqu'elle brisera +le plafond de marbre+, (par analogie au "plafond de verre" désignant la frontière invisible qui empêche les femmes d'accéder à l'égalité professionnelle, ndlr) en occupant la plus haute fonction jamais occupée par une femme aux Etats-Unis", relève la présidente de NOW, Kim Gandy.
"Les femmes en ont assez de la stratégie en Irak, d'une économie qui laisse à la traîne la moitié du pays et des efforts incessants de limiter les droits des femmes à la contraception et à l'avortement" indique-t-elle.
NOW salue également comme "une victoire cruciale" la décision des électeurs du Dakota du Sud, qui ont rejeté mardi une interdiction totale de l'avortement, qui était destinée à ouvrir un nouveau front judiciaire sur ce sujet toujours passionnel aux Etats-Unis.
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| Publié le: 09/11/2006 à 08:08:48 GMT |
Source : AFP |
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